CASTIÉ Marcel, Eugène

Par Jean-Marie Guillon, Huguette Juniet

Né le 10 juin 1923 à Toulon (Var), fusillé et brûlé le 30 mars 1944 à Le Claveix, commune de Cisternes-la-Forêt (Puy de Dôme) ; menuisier ; résistant, sergent au sein Forces françaises de l’intérieur (FFI).

D’origine toulonnaise, fils du maçon Joseph Rosé Castié, et d’une mère inconnue, Marcel Castié -orthographié CASTRE sur certains documents de son dossier de résistant- était menuisier, célibataire, et habitait 11 avenue Lenoir Sarraire à Toulon (Var). Avant de rejoindre la Résistance, il avait été engagé volontaire au 21ème colonial de Toulon.
Réfractaire au STO, il rejoignit en janvier 1944, dans des circonstances qu’on ignore, le maquis de Prondines dans le Puy-de-Dôme. Il fut nommé sergent, sous les ordres du capitaine Fradin alias Daladier. Affecté au Poste de commandement, il dirigea 100 hommes et participa à des coups de mains et sabotages.
En février 1944 deux individus furent arrêtés et interrogés par la Gestapo, il s’agit de Bourdelat Joseph alias « Jo », ancien chef du maquis de Prondines et Momen André, ancien maquisard de la même région. Leurs révélations et les documents extraits de la valise trouvée à Saint-Maurice-ès-Allier( Puy-de-Dôme) en décembre 1943 auront pour conséquences de déclencher une vaste opération de ratissage dans la région : six maquis furent recensés et sur le carnet de route les noms de responsables des MUR, des lieux de dépôts d’armes... cibles permanente de la Gestapo
Le 30 mars 1944, tôt le matin, une colonne avec le concours de la Milice, un bataillon de troupes allemandes, des Feldgendarmes, et du matériel lourd quittèrent Clermont-Ferrand, sur ordre de Blumenkamp, chef de la Gestapo de Clermont-Ferrand
Une colonne se dirigea vers Le Claveix, hameau de Cisternes-la-Forêt. Le village fut encerclé. Les 12 réfractaires plus un civil réfugiés dans une grange, furent capturés et fusillés à la mitraillette sur le champ. Les hommes furent ensuite entassés devant la porte d’entrée de la grange, arrosés d’essence et brûlés. Par miracle un maquisard Lucien Giraud, malgré une blessure au bras et le dos brûlé réussit à s’extraire du brasier
Marcel Castié fut abattu au Claveix, avec onze de ses camarades, ce 30 mars 1944.

Son nom a été donné à une avenue de Toulon le 18 décembre 1947. Il figure aussi sur le monument commémoratif du Claveix, sur une plaque commémorative à Cisternes-la-Forêt ainsi que sur une plaque au cimetière des Carmes à Clermont-Ferrand où il est inhumé. Il a été reconnu "Mort pour la France", homologué FFI pour la période du 1er janvier au 30 mars 1944.
Il n’a pas de dossier aux Archives des Victimes des Conflits Contemporains (AVCC) à Caen.

Ratissage de la région de Prondines (Puy-de-Dôme) le 30 mars 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149246, notice CASTIÉ Marcel, Eugène par Jean-Marie Guillon, Huguette Juniet, version mise en ligne le 3 octobre 2013, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-Marie Guillon, Huguette Juniet

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Marcel Castié : GR 16 P 111398 .— Archives départementales du Var, fonds du CDL ; Ville de Toulon, Le nom des rues, tome 2 « Saint-Jean-du-Var », Toulon, 1995 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme : 908W506 .— Gilles Lévy, Drames et secrets de la Résistance, Paris, Presses de la Cité, 1984 .— La Montagne, 4 juin 2014 .— Michelle Serre, La région de La Bourboule et du Mont-Dore pendant la seconde guerre mondiale, Ed. La Galipote 2017 .— Gilles Levy, Mémorial des Maquis et Hauts lieux de la Résistance, Ed. Presses de la Cité, 1986.— Pierre Montagnon, Les Maquis de la Libération, Ed. Pygmalion, 2000 .— Mémoires des Hommes .— MémorialGenweb .— État civil de Prondines et de Cistrières La- Forêt.

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