GENIN Marcel, Émile

Par Dominique Tantin

Né le 1er mai 1905 à Hérimoncourt (Doubs), fusillé le 16 août 1943 à Biard près de Poitiers (Vienne) ; ouvrier sellier ; résistant FTPF.

Fils d’un ouvrier de fabrique et d’une mère sans profession, Marcel Genin, marié à Lucienne Clauze, père de deux enfants (Claude, né le 2 décembre 1934, et Bernard, né le 20 février 1936), résidait à Nanterre, à la veille de l’invasion allemande. Il avait exercé la profession de sellier de 1935 à 1938, puis la fonction de planton à la mairie de Nanterre de 1938 à 1940. Lors de l’exode, il se réfugia avec sa famille dans les Deux-Sèvres, au cœur du Marais Poitevin, à Arçais. Il s’est installé dans ce village « sur la proposition d’André Boineau, photographe rue du Temple à Niort, né à Arçais où il possédait un jardin et où résidaient ses parents. Boineau a connu Génin à l’Arsenal de Rennes où tous deux travaillaient comme bourreliers en tant qu’affectés spéciaux en mai-juin 1940 » (Source : M. Chaumet).
Engagé dans la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans de la Vienne en septembre 1942, M. Genin se vit attribuer la responsabilité d’interrégional technique, lieutenant au groupe « Roll » (sic), sous le pseudonyme de Fabien Philippe, en contact avec Stephan Kucharik dans le Marais, et, dans la Vienne, avec Julien Bouhard et Henri Rol-Tanguy, responsable militaire de l’interrégion 29 Poitou-Anjou de l’automne 1942 à avril 1943. La nécessité de se procurer des ressources pour les clandestins le conduisit à participer, avec Kucharik, au cambriolage de la villa Warion (banquier à Niort) à Arçais le 1er juin 1942, délit pour lequel il fut condamné par défaut le 15 avril 1943 par le tribunal correctionnel de Niort pour vol à 4 ans de prison ferme et 5 ans d’interdiction de séjour ; sa femme fut condamnée à un an de prison avec sursis pour recel. Après son arrestation, au cours de son interrogatoire, il reconnut être l’auteur de l’incendie de fourrage commis dans la nuit du 5 au 6 avril 1943 à Lusignan (Vienne) et au cambriolage du château de Montheil (15 au 16 avril). En 1943, il se cacha avec Stephan Kucharik chez Marcel Guigne à Benassay (Vienne), commune de résidence de Julien Bouhard qui mettait son atelier de forgeron à sa disposition pour la confection de matériel de sabotage.
C’est là qu’il fut arrêté par la Section des affaires politiques (SAP) de Poitiers le 25 avril 1943. Kucharik parvint à s’échapper. Dans la planque, la police trouva, suspendue à un clou, une veste contenant les papiers d’identité de Stephan Kucharik, une carte à son nom et l’autre au nom de Servan Félix, avec deux photographies identiques.
Incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers, Marcel Génin fut condamné à mort le 11 août par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677 de Poitiers pour « détention d’armes, d’explosifs et de matériel de sabotage, et pour divers actes de sabotage, menées de franc-tireur et activités en faveur de l’ennemi », – condamnation confirmée par le MBF le 14 – et passé par les armes avec Julien Bouhard le 16 août 1943 sur le champ de tir de Biard. Les deux victimes furent inhumées au cimetière de Migné-Auxances (Vienne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149373, notice GENIN Marcel, Émile par Dominique Tantin, version mise en ligne le 10 octobre 2013, dernière modification le 29 mai 2022.

Par Dominique Tantin

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne, 1921 W 7. – Arch. Dép. Deux-Sèvres, 3 U 3. – Michel Chaumet et Jean-Marie Pouplain, La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944, La Crèche, Geste Éd., 2010. – Documentation Michel Chaumet.

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