MONÉGER Léon, Henri

Par Dominique Tantin

Né le 1er mars 1923 au Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne), fusillé le 4 juillet 1944 à Biard, près de Poitiers (Vienne) ; photographe ; résistant FTPF.

Léon Monéger
Léon Monéger

Fils d’Antonin Moneger et de Marie-Françoise domiciliés 34 rue des Blancs Murs à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), célibataire, en âge d’être requis dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), Léon Monéger s’est probablement réfugié dans le Marais Poitevin pour échapper au travail forcé en Allemagne. Il a intégré le groupe de résistance constitué dans le sud de la Vendée par Lucien Coirier et il a dû y côtoyer Marcel Forestier. Après des sabotages des voies de communications, particulièrement dans la région de Chaillé-les-Marais en Vendée, la coupure des lignes téléphoniques et un accrochage avec une patrouille allemande dans la nuit du 3 au 4 mai entre Mareuil et Chaillé-les-Marais, le groupe se replia sur Damvix (Vendée) et se mit en rapport fin avril 1944 avec celui d’Irleau (Deux-Sèvres) dirigé par Jacques Jabouille, qui rassemblait notamment Raymond Giraudineau, Pol Mohimont, Daniel Pouponneau et les frères Doré Camille et Michel. Les Francs-tireurs et partisans (FTP) du groupe du Marais organisèrent notamment le sabotage de la voie ferrée La Rochelle-Niort le 19 mai 1944.
Des délations et des renseignements extorqués par la torture entraînèrent bientôt des arrestations en cascade et décimèrent le groupe du Marais. D’abord trois lettres de dénonciation parvinrent à la Feldkommandantur 564 de Niort (l’une d’entre elles a échappé à la vigilance des résistants à la Poste) dénonçant Eugène Barreau et les réfractaires cachés dans le maquis. L’auteur de ces lettres est Eva Cadet, fille d’Honoré, dont les motivations auraient été personnelles et sentimentales. S’y ajoute une lettre de dénonciation d’Emmanuel Auvinet, « membre de la Légion tricolore » selon une source (en fait la Légion tricolore a été dissoute en 1942 et certains de ses membres ont été incorporés à la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) ; mais il existait aussi une organisation des sympathisants appelée les Amis de la Légion). Auvinet fut condamné par la cour de justice de La Roche-sur-Yon le 5 janvier 1945.
En mission de reconnaissance à Niort-Saint-Liguaire le 23 mai 1944, Marcel Forestier fut arrêté par la police française (3e Brigade de la Police régionale de la Police de Sûreté), pris les armes à la main, en flagrant délit de vol de bicyclette. Les renseignements obtenus immédiatement par les policiers furent exploités le même jour et la Section des affaires politiques (SAP) de Poitiers procéda à l’arrestation des autres membres du groupe.
Léon Monéger fut arrêté à Damvix le 23 mai 1944. Incarcéré à la prison de la Pierre-Levée de Poitiers, il fut condamné à mort par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677 et passé par les armes au champ de tir de Biard le 4 juillet 1944 à 18 heures. Il fut inhumé au cimetière de Croutelle, près de Poitiers puis dans le carré militaire du cimetière de Vitry-sur-Seine. Selon Genweb, il était membre de l’Armée secrète.
Par décret du 3 juin 1960, il fut décoré de la Médaille militaire, à titre posthume le 11 juillet 1960. Il obtint la reconnaissance de Combattant volontaire de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149397, notice MONÉGER Léon, Henri par Dominique Tantin, version mise en ligne le 10 octobre 2013, dernière modification le 25 avril 2022.

Par Dominique Tantin

Léon Monéger
Léon Monéger

SOURCES : DAVCC, Caen. – Michel Chaumet, Jean-Marie Pouplain, La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944, La Crèche, Geste Éd., 2010. – Arch. com. Vitry-sur-Seine, La Résistance à Vitry-sur-Seine : 1939-1945. – Mémorial GenWeb.

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