MURASZKO Michel dit aussi MURAZSKO Michel

Par Pierre Schill

Né le 20 novembre 1898 à Oblonow (Pologne), mort le 4 février 1945 à Melk (kommando du camp de Mauthausen, Autriche annexée) ; mineur aux Mines de La Houve (Moselle) puis aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) ; membre de la section communiste de Merlebach (Moselle) ; membre du Syndicat CGT des mineurs de charbon de Moselle ; résistant du groupe « Mario » en Moselle annexée.

Michel Muraszko fils d’un mineur polonais de Westphalie, arriva en France, à Creutzwald (Moselle), le 29 juin 1925. Il fut embauché quelques jours plus tard aux mines de La Houve de cette cité minière où il travailla jusqu’au début de l’année 1930. Il alla ensuite s’installer à la cité Habsterdick de Stiring-Wendel (Moselle) et travailler au puits Gargan des Houillères de Petite-Rosselle (Moselle).

La famille Muraszko quitta Stiring-Wendel lors de l’évacuation le 1er septembre 1939. Michel Muraszko devint mineur à Bully-Grenay dans le Pas-de-Calais, qu’il quitta dans un convoi ferroviaire organisé par les Allemands. De retour en Moselle le 27 septembre 1940, alors que le département était annexé au Reich nazi, il retravailla aux Houillères de Petite-Rosselle jusqu’à la date de son arrestation.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de la Moselle. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national, avait été mis sur pied par l’instituteur messin Jean Burger* dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». Il assurait notamment la distribution clandestine de tracts du groupe.

Michel Muraszko fut arrêté à son domicile le 16 février 1944 par la Gestapo au moment où il était en arrêt pour accident du travail (blessure à la main après une chute sur un marteau-piqueur).
Son fils François était présent : deux gestapistes de Sarrebruck fouillèrent la maison à la recherche d’armes. Il fut ensuite embarqué avec quelques effets personnels dans un camion où étaient rassemblés les autres résistants arrêtés au même moment.
Il fut emprisonné au Fort de Queuleu à Metz (Moselle annexée) avant d’être déporté au camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé) à partir du 21 mai 44, puis à ceux de Neckargerach, Dachau et Mauthausen. Détenu dans ce camp il travaillait au Kommando de Melk où il mourut le 4 février 1945.

En mars 1952 sa famille obtint du Secrétariat d’État aux forces armées, un certificat d’appartenance à la résistance intérieure française en tant qu’« isolé ». sa carte de combattant volontaire de la résistance lui fut délivrée le 21 juin 1952. Les autorités reconnurent son appartenance à la résistance du 1er mars 1942 au 4 février 1945.

Michel Muraszko s’était marié, le 14 octobre 1929 à Creutzwald (Moselle), avec Marie née Grzegorski le 25 juin 1910 à Recklinghausen (Westphalie, Allemagne) dont il eut deux enfants.
Son nom figure sur une plaque commémorative à l’hôtel de ville de Stiring-Wendel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149446, notice MURASZKO Michel dit aussi MURAZSKO Michel par Pierre Schill, version mise en ligne le 15 octobre 2013, dernière modification le 15 octobre 2013.

Par Pierre Schill

SOURCES : Archives personnelles de François Murasko et Hélène Cours née Muraszko, ses enfants. — Archives de la Direction interdépartementale d’Alsace du Secrétariat d’État à la Défense chargé des Anciens Combattants : fichier du camp de Natzweiler-Struthof (renseignements fournis par Thierry Heidmann). — État civil de la commune de Behren-lès-Forbach (Moselle). — Renseignements fournis par François Muraszko, Hélène Cours née Muraszko et par Jean Geiger, président de l’ADIRP (Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes) de la Moselle. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965. — Pierre Schill, « Les mineurs de charbon étrangers membres du groupe de Résistance ‘‘Mario’’ en Lorraine annexée (1940-1945) », p. 243-261, dans Institut d’Histoire Sociale Minière, Mineurs immigrés. Histoire, témoignages (XIXe-XXe siècles), VO éditions, 2000. — Pierre Schill, « Antifascisme et résistance ouvrière organisés autour de la CGT et du Parti communiste en Moselle annexée (1940-1945) : entre histoire et mémoire », p. 173 à 187, dans Sylvain Schirmann (dir.), Annexion et nazification en Europe, Université de Metz-AMAM, 2003.
[http://www.memorial-alsace-moselle.com/f/fiches/colloque_metz/MEMORIAL_COLLOQUE_basse_reso.pdf]

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément