BETSCH Claude, Albert, Jean dit VEILLON Jean

Par Daniel Grason

Né le 24 mai 1922 à Paris (XVIe arr.), fusillé le 24 janvier 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; étudiant ; résistant agent des services de renseignements militaires du réseau Kléber.

Fils de Charles et de Marie, née Meyer, la famille de Claude Betsch était d’origine alsacienne, il fut élève à l’institut Saint-Joseph, poursuivit des études à Montluçon (Allier), apprit l’allemand en seconde langue. Adolescent, il était un esprit brillant mais frondeur. Ses parents le confièrent un temps à un prêtre de Riom, helléniste et germaniste, qui aurait eu sur lui une forte influence. Bachelier, il prépara son entrée à l’École polytechnique, mais abandonna du fait de son entrée dans la Résistance à l’âge de dix-neuf ans. Il parlait couramment l’allemand.
En mai 1940, il contracta un engagement au service du 2e Bureau, avec le grade d’aspirant du fait de ses diplômes. Il devint agent permanent rétribué du réseau Kléber, prit l’identité de Jean Veillon, vingt-quatre ans, domicilié à Châteauroux (Indre). Il accomplit une mission à Reims (Marne), déroba deux uniformes dans un magasin d’habillement allemand. Revêtu d’un uniforme de feldwebel, il pénétra sur le terrain d’aviation de la ville, releva le nombre d’avions et leur type.
Il se métamorphosa en militaire allemand, devint sous-officier à l’état-major de la Luftwaffe à Paris. Le 1er juin 1941, sous l’uniforme de l’armée de l’Air allemande, il arriva en automobile rendre visite à sa mère : il se rendait à l’état-major général de la Luftwaffe 62 rue du Faubourg-Saint-Honoré (VIIIe arr.). Il y fut arrêté alors qu’il demandait un ausweis et des cartes d’alimentation allemandes, le préposé ne trouva pas son numéro d’inscription sur les listes.
Accusé d’espionnage, de vol et de port illégal d’uniforme, Claude Betsch fut incarcéré à la Santé le jour même, puis à Fresnes. Il comparut le 31 octobre 1941 devant le tribunal de la Luftwaffe, fut condamné à mort pour espionnage. Au début de son emprisonnement, sa mère était autorisée à lui rendre visite chaque semaine, un geôlier compréhensif sortit plusieurs de ses lettres qu’il fit parvenir à ses parents.
Claude Betsch fut passé par les armes le 29 janvier 1942 au Mont-Valérien, inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Son corps fut restitué à sa famille le 3 janvier 1945 ; celle-ci le fit ré-inhumer dans le caveau de famille au cimetière de La Villette, rue d’Hauptoul (XIXe arr.). Le ministère des Anciens Combattants le déclara « Mort pour la France » le 3 juillet 1946, à titre posthume. Claude Betsch fut fait chevalier de la Légion d’honneur, et reçut la Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance. Il a été homologué résistant des Forces françaises combattantes (FFC), et Interné résistant.

Le Journal de guerre l’abbé allemand Franz Stock donne un témoignage sur ses derniers jours :
« Jeudi 29.1.42
Claude Betsch Fresnes - fusillé le 29 janvier , espionnage, a passé des mois au cachot, souvent confessé et communié le dernier jour dans sa cellule, mort pieusement. A refusé d’avoir les yeux bandés, d’être attaché. Tribunal de la Luftwaffe à Paris - mort en priant après que je lui ai donné la dernière bénédiction. Avait écrit des lettre à ses deux petits frères, à ses parents, père directeur général dans un bureau, place Saint-Sulpice. Ne pensait qu’au chagrin de ses parents, lui, ça le laissait indifférent.
Le commandant me dit : "Dites aux parents que leur fils est mort avec bravoure", l’ai dit au père. Les parents me remercièrent : "Merci de ces paroles de consolation". Enterré à Ivry.
....
Mercredi . 2. 42
....
À la maison attendent déjà Monsieur et Madame Betsch, qui souhaitent avoir des nouvelles de leur fusillé le 29.1 Sereins dans leur foi. » (Stock, p. 58).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149521, notice BETSCH Claude, Albert, Jean dit VEILLON Jean par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 octobre 2013, dernière modification le 19 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Bureau Résistance GR 16 P 56951. – Livre d’Or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, édité par l’Amicale des Anciens des Services spéciaux de la Défense nationale (AASSDN), Paris, 2005. – Mémorial GenWeb.— Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 58.

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