BIGE Joseph, Stanislas

Par Jean-Pierre Besse

Né le 28 juillet 1892 à Cristal-City (Missouri, États-Unis), fusillé le 5 février 1944 au champ de tir de la Vierge à Épinal (Vosges) ; cultivateur ; résistant au sein de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Marié à Marie-Estelle Desbrosse, père d’un enfant, Jean Bige était cultivateur, fermier de la ferme des Trois blancs (ou trois bains) à Claudon (Vosges).
Il appartenait au groupe Tinchant de l’OCM et participa au maquis du Morillon, une forêt à cheval sur les communes de Pont-du-Bois (Nord de la Haute-Saône) et Hennezel (Vosges). Dès 1940, Pierre Tinchant, directeur de la forge de la Hutte à Hennezel entra en résistance et devint chef de secteur sous le pseudonyme de « Roland des Bois » dans le mouvement OCM. En juin 1943, il réunit et installa dans la forêt du Morillon une quinzaine de réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Ces réfractaires formèrent le noyau central du maquis aidé par des sédentaires, hommes et femmes poursuivant leur vie familiale et professionnelle. Un parachutage d’armes et explosifs fut réceptionné dans la nuit du 16 août 1943 à 1 h 15 sur le terrain « Brams » à Gruey-les-Surance (Vosges). Un avion largua dix-huit parachutes avec douze containers et une caisse sous un parachute blanc (chocolat, cigarettes.) soit environ trois tonnes d’armes, explosifs, essence et munitions avec les accessoires de mise à feu. Le matériel fut récupéré et caché dans les environs. Très vite, cependant, la situation devint périlleuse et de nouvelles caches durent être trouvées. Les réfractaires durent se cacher dans des familles amies. Pierre Trinchant parvint à se réfugier en Suisse où il fut dirigé sur un camp de travail. Le 16 novembre, gendarmes et policiers allemands investirent le hameau de la Hutte, là où avaient été cachées les armes. Ils étaient accompagnés d’un dénommé Beaumont en tenue de soldat allemand et armé d’un mousqueton français. Ce Beaumont n’était autre qu’un membre du maquis, infiltré par la police allemande d’Épinal. Ayant participé au stockage de l’armement parachuté, il fit découvrir la cache aux Allemands. Les arrestations se succédèrent. Joseph Bige fut arrêté le 23 novembre 1943 par la Feldgendarmerie d’Épinal avec son fils Daniel, né en 1926 à Épinal, qui fut libéré le 31 décembre 1943. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand d’Épinal (FK 622), il a été fusillé le 5 février 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149645, notice BIGE Joseph, Stanislas par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 23 octobre 2013, dernière modification le 8 mars 2017.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : DAVCC, Caen, dossiers 21P277427, 21P246865 et 21425753. – J. Reuchet, Héros et Martyrs, hommage aux combattants de la Résistance de la Haute-Saône morts pour la France, Les Éd. de Crimée, 1999.

ICONOGRAPHIE : Reuchet (Jean), Héros et Martyrs, hommage aux combattants de la Résistance de la Haute-Saône morts pour la France, Les Éditions de Crimée, 1999, p.23.

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