BORIA Louis, Fernand ou Ferdinand

Par Jean-Pierre Besse

Né le 22 décembre 1910 à Bordeaux (Gironde), fusillé comme otage le 21 septembre 1942 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) ; ouvrier ajusteur ; militant communiste de Gironde.

Louis Boria
Louis Boria

Fils d’un riveur, militant communiste actif dans l’illégalité, Louis Boria, domicilié 4 rue Jean-Jacques Rabaud à Bordeaux, était marié depuis juin 1933 avec Germaine Gehin et était père d’une fille.
Fiché comme « chef d’une cellule d’entreprise à l’usine d’aviation SNCASO », Louis Boria était aussi considéré comme le responsable du matériel de propagande chargé de la réception des tracts venant de Paris. Il fut arrêté, le 17 juillet 1942, à la gare Saint-Jean (Bordeaux, Gironde) alors que, en compagnie de Robert Ralite, il venait retirer une valise de tracts. Il fut interné au fort du Hâ (Bordeaux, Gironde), le 17 juillet 1942 puis, selon les sources, à la prison militaire de la Caserne Boudet, 188 rue de Pessac (Bordeaux, Gironde). Le 21 septembre 1942, il fut emmené au camp de Souge et fusillé comme otage en représailles à l’attentat du cinéma Rex à Paris en septembre 1942.
Son père s’enrôla dans les FFI du Haillan et son frère cadet de Louis Boria s’engagea dans le Corps franc FFI baptisé « Boria » en septembre 1944.
Louis Boria fut homologué Interné Politique en 1955.

Dernière lettre. Rédaction d’origine respectée.
 
Bordeaux le 21 septembre 1942
Mes chéries, mes amours,
 
Hélas quand vous recevrez cette lettre tout sera fini pour moi, j’aurai cessé de vivre et n’ayant rien à me reprocher, je vous demande mes amours d’avoir beaucoup de courage et quand vous penserez à moi, vous penserez que je suis tombé sans peur.
Je vous demande pardon, mes chéries de la peine que je vais vous faire, et toi, ma petite fille chérie, à 8 ans perdre ton papa qui t’aime et toi ma femme adorée compagne de mes bons comme de mes mauvais jours, courage. J’espère que la vie pour vous ne sera pas trop dure dans l’avenir
je te demanderai, ma femme chérie, d’élever ma petite chérie dans le droit chemin de l’honnêteté et du travail. Tu n’auras pas à avoir honte de moi ma chérie, car comme tu le sais-je n’ai ni tué, ni volé, c’est la fatalité, courage mes amours
Embrassez bien toute la famille pour moi ainsi que les amis ; mon seul regret en quittant la vie et de ne pas pouvoir vous serrer dans mes bras.
Adieu femme chérie, adieu ma fille adorée, adieu maman, papa, frère et sœurs adieu beau-frère et belle-sœur
Pardon à tous,
Votre Louis
(Transcription de la dernière lettre de Louis Boria par Dominique Mazon).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149678, notice BORIA Louis, Fernand ou Ferdinand par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 24 octobre 2013, dernière modification le 22 novembre 2021.

Par Jean-Pierre Besse

Louis Boria
Louis Boria

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 de Souge, op. cit. p.93 . – Site des fusillés de Souge. — Les 78 de la SNCASO. Martyrs de l’aéronautique 1939-1945, Mérignac, 2017.

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