APROSIO Célestin [version Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Fondateur du syndicat de typographes à Alger et en 1900 du premier groupement socialiste participant à la constitution en 1906 de la Fédération SFIO d’Algérie ; « socialiste révolutionnaire » mais conseiller municipal d’Alger en 1901, partisan de l’autonomie « coloniale » de l’Algérie.

Ouvrier typographe, Célestin Aprosio anime le premier syndicat constitué à Alger, celui des typographes. Il a fondé d’autre part, en 1900, le premier groupement socialiste d’Alger « le cercle des études sociales : le Prolétaire », dont il rédige le Manifeste. Ce groupe est à l’origine de la fédération socialiste algérienne qui, en 1906, adhère au parti SFIO, section socialiste française de la IIe Internationale. Célestin Aprosio avait été élu en 1901 conseiller municipal d’Alger avec environ 500 voix. Des socialistes s’étaient alors présentés contre la liste anti-juive. Avec Broch, il a mandat de représenter la Fédération des syndicats des Alpes-Maritimes au Xe congrès de la Fédération des Bourses du travail tenu à Alger du 15 au 18 septembre 1902.

Les positions d’Aprosio sont connues par le Manifeste du prolétaire et ses interventions aux congrès socialistes d’Algérie. Il correspond avec J. Guesde et R. Lavigne, de la fédération girondine du Parti ouvrier français qui est à l’époque l’organisation de la gauche syndicaliste et marxiste. Il se réclame des principes du POF (Parti ouvrier français) en se déclarant « socialiste révolutionnaire ». Fervent syndicaliste, il se prononce en 1901 pour la grève générale. Organisateur et principal orateur du IVe congrès socialiste algérien d’Alger (1901), il demande dans son rapport la constitution d’un groupe socialiste algérien, c’est-à-dire français d’Algérie. Comme la plupart des Européens, socialistes compris, il défend une ligne autonomiste coloniale, revendiquant même pour l’Algérie « un conseil colonial autonome ».

En principe, il refuse les distinctions de nationalité, de race et de religion (cf. toute plate-forme socialiste de l’époque dans la IIe Internationale) mais condamne la concurrence de la main-d’œuvre étrangère. Aprosio peut être considéré pour les premières années du siècle comme le porte-parole du socialisme d’Algérie, un socialisme colonial.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149705, notice APROSIO Célestin [version Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 25 octobre 2013, dernière modification le 7 décembre 2013.

Par René Gallissot

SOURCES : L. Paoli, Revue Socialiste, 1902. – A. Juving, Le socialisme en Algérie, thèse de droit, Alger 1924. – René Gallissot, Le Maghreb de traverse, op. cit.

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