ACAMPORA Georges, Antoine [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né à Bab-el-Oued (Alger, Algérie) à la mi-février 1926 ; pécheur, ouvrier tourneur, sapeur pompier ; militant CGT et responsable communiste à Bab-el-Oued ; engagé aux Combattants de la libération (PCA) ; condamné à mort par le tribunal militaire ; demeure à Bab-el-Oued.

Dernier enfant, ayant 6 frères et sœurs, Georges Acampora est né à Bab-el-Oued de parents immigrés d’Italie. Toute sa vie se passe à Bab-el-Oued sauf les années de prison. Le père Antoine Acampora était marin pêcheur chez un patron au petit port à l’Est d’Alger de La Pérouse [Tamenfoust]. La mère, Clémentine Castagna, travaillait à la maison comme cordonnière.

Georgeot, comme on l’appelait, se maria avec Julia Garcia*, fille d’immigrants espagnols, qui travaillait dans un atelier de chaussures à Bab-el-Oued. Le couple n’a jamais quitté Bab-el-Oued ; comme Julia Garcia le déclare 70 ans plus tard : "Il y avait des Algériens, des Italiens et des Espagnols ; il n’y avait pas de Français".

Pour apporter un peu d’argent à la famille, Georges Acampora quitte l’école primaire de Bab-el-Oued à 14 ans, et travaille comme ouvrier pêcheur, portant les cageots de poissons pour les marchés d’Alger. Il est ensuite apprenti tourneur puis tourneur de l’autre côté d’Alger près du quartier de l’Agha. Vers l’âge de 20 ans, il entre au groupe d’usines de tabac Job situées à Bab-el-Oued ; il est ouvrier pour l’entretien du matériel.

Militant à la CGT, il prend part aux grèves et se retrouve à la tête de la grève des 4 usines Job de Bab-el-Oued qui dure 40 jours. Les femmes ouvrières grévistes sont en nombre. Au titre du syndicat CGT des tabacs, il est en mai 1950, membre de la commission exécutive de l’Union départementale d’Alger (ancien dpt). Communiste, il devient le secrétaire de la section de Bab-el-Oued du PCA.

Ayant fait son service militaire à Cherchell ; il est habile dans l’entretien des armes. Devenu français, il peut être sapeur-pompier ; il est affecté à la caserne de Bab-el-Oued. Georges Acampora est volontaire au printemps 1955 pour l’action armée avec quelques autres « Européens » militants du PCA qui cherchent à être intégrés à l’ALN. Il fait partie du « commando de choc » du Grand-Alger. Costaud et ayant tous les courages, il prend notamment part à l’attaque du commissariat de la Redoute [El Mouradia]. Il prépare les armes, réparant notamment dans les ateliers de la caserne de pompiers, les culasses d’un lot provenant du camion détourné par l’aspirant Maillot*. Il est alors dénoncé.

Arrêté le 1er octobre 1956, alors que Fernand Iveton* est guillotiné pour l’exemple, G. Acampora, torturé, condamné à mort, par le tribunal militaire spécial le 6 août 1956, est gracié en janvier 1959 avec 181 autres condamnés à mort. Il passe de la prison Barberousse [Serkadji] à celle de Maison-Carrée [El-Harrach].

À l’indépendance, il devient commandant de pompiers et demeure à Bab-el-Oued avec Julia Garcia*. Un hommage à Georges Acampora a été organisé à Alger en 2011 par les anciens condamnés communistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149780, notice ACAMPORA Georges, Antoine [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 27 octobre 2013, dernière modification le 13 février 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. Nat. France Outre-mer, Aix-en-Provence, ALG, 91 3F/66, notes de Louis Botella. — H. Alleg, La Guerre d’Algérie, op. cit., notes d’Anissa Bouayed. — S. Kastell, Le maquis rouge, L’Harmattan, Paris, 1997. — Discours et vidéos de commémoration en 2011 de Georges Acampora, Reda Doumaz et le groupe Caméléon, Youtube.

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