PADULA Émile [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né en 1897 ou 1902, Émile Padula fait partie du corps expéditionnaire français qui intervient contre la révolution hongroise de Bela Kun en 1921. À son retour à Alger employé comme comptable à la maison Razetti au Ruisseau dans la banlieue d’Alger, il adhère au Parti communiste. Dans les années 1924-1927, il est en liaison avec la Commission coloniale du Parti communiste à Paris, à laquelle il semble avoir participé quelques fois. S’il est partisan de la constitution de l’Étoile nord-africaine pour organiser la main-d’œuvre nord-africaine en France, il pense qu’en Algérie, il faut agir sous le couvert de CGTU et du Parti communiste métropolitain pour éviter la répression. Il se consacre aux Jeunesses communistes dont il est le secrétaire pour Alger en 1930. Son orientation politique est commandée par un internationalisme dont il ne se départira pas.
En 1933-1936, il est secrétaire adjoint du mouvement Amsterdam-Pleyel, mouvement antifasciste pour la paix. Alors étudiant, Albert Camus* commence à militer dans ce mouvement et c’est sous l’influence de Padula qu’il adhère au PC ; celui-ci suit la cellule du Plateau Saulière, dite des intellectuels. En 1936-1937, E. Padula est secrétaire de la section communiste de Belcourt, quartier populaire à l’Est d’Alger. Il se serait opposé aux attaques du PCA contre les messalistes qualifiés de fascistes, défendant Albert Camus au moment de son exclusion à l’automne 1937, en comité de section et en réunion des sections d’Alger face à l’envoyé du Parti communiste français, Robert Deloche*, et d’Amar Ouzegane*, secrétaire du PCA. Émile Padula ne fut pas sanctionné mais l’exclusion d’Albert Camus fut ratifiée, ce qui paraît avoir éloigné du Parti communiste une part des intellectuels algérois.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149855, notice PADULA Émile [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 29 octobre 2013, dernière modification le 1er avril 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. Nat. France, Paris, F7 13 130. — H.R. Lottman, Albert Camus, Le Seuil, Paris 1978. — Interviews d’A. Ouzegane et N. Zannettacci par J.L. Planche, 1976-1977.{}

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