ALLAOUCHICHE Smaïl

Par René Gallissot

Né le 14 septembre 1938 à Beni Ourtilane (Sétif, Algérie) ; émigré à deux reprises à Paris ; formé au syndicalisme en Allemagne fédérale au titre de l’’UGTA et du FLN ; éliminé de la direction de l’UGTA en janvier 1963.

En 1942, la famille Allaouchiche est venue habiter au quartier Belcourt à Alger ; Smaïl est l’aîné de quatre enfants. Son père, qui est traminot aux CFRA (Chemins de fer sur routes d’Algérie), décide après la guerre d’émigrer à Paris.

Smaïl Allaouchiche, qui a suivi l’école primaire, le rejoint avec sa marâtre et ses frères et sœurs pour habiter l’appartement situé au-dessus du café que son père vient d’acquérir à Ménilmontant. De1953 à 1954, Smaïl fait une année d’études professionnelles (maçon) à Neauphle-le-Vieux près de Versailles. À seize ans il trouve un emploi de manutentionnaire mais préfère revenir en Algérie contre l’avis paternel.

Il se rend auprès de son grand-père en Kabylie. Puis en en 1956, il vient à Alger résider chez sa tante à Belcourt. À dix-huit ans, il devient garçon livreur chez un fleuriste jusqu’à la grève de huit jours de janvier 1957. Sa participation à cette action, décidée par le FLN (Front de libération nationale) et l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens), lui vaut son licenciement mais aussi son arrestation dans une rafle.

Il passe par la villa Sésini, de triste mémoire, avant d’être transféré au centre de tri ouvert dans l’enceinte de l’hôpital Mustapha. Libéré deux jours après, il décide en février 1957 de rejoindre Paris. Craignant une attaque du MNA, le père de Smaïl vend son café et s’installe à Poissy où il occupe un emploi de chauffagiste aidé de son fils aîné et de plusieurs ouvriers algériens.

Recherché par la police pour insoumission, Smaïl Allaouchiche prend conseil auprès de la Fédération du FLN qui l’envoie s’abriter en Allemagne fédérale (RFA). Il bénéficie d’une bourse d’études syndicales offerte par la centrale allemande (DGB), d’une durée de quinze mois (trois mois de cours d’allemand, huit mois de formation syndicale et affectation comme permanent à la Fédération des travailleurs du Bâtiment (DGB). De passage en RFA, les patrons de la Centrale américaine AFL/CIO, les frères Reuter viennent saluer les stagiaires algériens.

La délégation extérieure de l’UGTA, installée à Tunis, ouvre un bureau de propagande et d’information en RFA en liaison avec la centrale syndicale allemande. Après Mostefaoui* qui en est le premier responsable. S. Allaouchiche, Saïd Slyemi*, D. Oujdi, Sadki Allaoua sont chargés d’en assurer le fonctionnement.

En 1961 Smaïl Allaouchiche participe au tournage d’un documentaire consacré à la vie des travailleurs algériens réfugiés en RFA ; d’une durée de vingt minutes, ce document est diffusé par la télévision allemande.

Après les Accords d’Évian dans le dénuement à Alger, la réunion de la première commissipon exécutive la centrale algérienne le 18 juin 1962 à l’initiative de Omar Belouachrani*, décide de faire appel à trois militants en stage syndical organisé par la DGB à Francfort. Il s’agit de Smaïl Allaouchiche, Aïbache et Sadek Affif demeurant à Cologne. Cet apport de l’émigration algérienne en Europe va aider les organisations qui se structurent dans l’Algérois. La nouvelle direction de l’UR d’Alger comprendra, outre Allaouchiche, Mayouf Hanachi*, Mahfoud Zefouni*, Ahmed Kaïd (homonyme du commandant), Moussa Boussaïd, Mohamed Yacine, Omar Fahassi, Rabah Zitouni*. Ces syndicalistes assisteront médusés, en direct, au coup de force sur la direction de l’UGTA au congrès de janvier 1963.

De grands changements sont encore imposés en 1965 au mouvement ouvrier avec la prise en main de l’ « Appareil » du parti par Ahmed Kaïd, membre du Conseil de la Révolution. De nombreux responsables sont exclus de leurs fonctions syndicales en 1969 dont S. Allaouchiche. Il quitte l’Union régionale d’Alger pour rejoindre la Société nationale de sidérurgie (SNS) où il est affecté comme cadre au service du personnel. La loi favorisant précocement le départ à la retraite des anciens moudjahidines, lui permet en 1989 de faire-valoir ses droits.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149903, notice ALLAOUCHICHE Smaïl par René Gallissot, version mise en ligne le 30 octobre 2013, dernière modification le 30 octobre 2013.

Par René Gallissot

SOURCE : Témoignage de S. Allaouchiche recueilli à Alger le 12 janvier 2004 par Boualem Bourouiba.

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