ABSSI Saad [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né en 1928 dans l’oasis d’El Oued ; militant MTLD ; en France en 1957 responsable pour la fédération de France du FLN, de l’Amicale des travailleurs algériens, membre du comité central du FLN en 1964 ; oppositionnel après le coup d’État de 1965.

Né présumé en 1928 à Kouinine (oasis d’El Oued) dans une famille de paysans et ouvriers agricoles, après avoir fréquenté l’école primaire française et l’école coranique, Saad Abssi, dès l’âge de quatorze ans, travaille dans une palmeraie avec ses oncles. Il quitte l’oasis pour les Aurès et s’établit à Auguste Comte (Baghaï), puis à Aïn-Fakroun. Il adhère au MTLD au début des années 1950, et après le passage de Messali en 1952, il devient un animateur du mouvement dans la ville voisine de Tébessa où il s’établit. C’est là qu’il est arrêté, le 3 novembre 1954, dans la première vague de répression touchant les messalistes fichés, après les attentats du 1er Novembre qui marquent l’ouverture de l’insurrection ; il est libéré treize jours après. Dans la crise du MTLD, Saad Abssi avait pris position pour Messali* qui va fonder le MNA, mais diffère le déclenchement de la lutte armée ; il se rallie ensuite au FLN. Il est arrêté en septembre 1955, emprisonné à Djorf, puis libéré le 28 décembre 1956.

Interdit de séjour sur le territoire algérien, il arrive en France en mars 1957 et milite dans la Fédération de France du FLN, devenant notamment responsable, suivant l’action de l’Amicale générale des travailleurs algériens en France. Créée par le FLN en accord avec les syndicats français, l’AGTA permet la double appartenance à la CGT ou à la CFTC face à l’Union Syndicale des Travailleurs Algériens qui rassemble les syndicalistes fidèles à Messali. L’UGTA, fondée par le FLN à Alger en mars 1956, n’est pas implantée comme telle en France et en Europe.

Après l’indépendance en 1962, Saad Abssi est responsable de l’Amicale des Algériens à Lyon et sa région. Au congrès du FLN à Alger en avril 1964, qui marque l’avancée de la collaboration sous l’égide de Ben Bella de la gauche nationaliste et des partisans du socialisme qui s’appuie sur l’UGTA, il devient membre du Comité central ; il est également député à l’Assemblée Nationale (pour les Oasis). Sa fonction est d’être Coordinateur de l’Amicale des Algériens en Europe ; il démissionne de cette responsabilité dès le 19 juin 1965, date du coup d’État du colonel Boumédienne, et passe dans l’opposition clandestine en Algérie de l’Organisation de la Résistance Populaire ; l’ORP rassemble des communistes, des syndicalistes et autres marxistes qui sont dénoncés comme « ben bellistes ». Aux débuts des années 1970, S. Abssi se retrouve en France, et participe aux réseaux algériens de soutien à la Résistance palestinienne. Il demeure en région parisienne. En 1984, il participe à la création en France du MDA, parti d’A. Ben Bella.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article149955, notice ABSSI Saad [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 2 novembre 2013, dernière modification le 5 novembre 2020.

Par René Gallissot

SOURCES : Annuaire de l’Afrique du Nord, années 1964, 1965. – B. Stora, Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens, op. cit. – Entretiens avec S. Abssi.

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