AMOUYAL Alexandre

Par René Gallissot

Né le 25 novembre 1899 à Oran, mort à Paris, le 2 avril 1985 ; médecin ; dans les années 1930, candidat socialiste SFIO aux élections ; adjoint au maire d’Oran (1945), conseiller général jusqu’en 1962, délégué à l’Assemblée financière (1945) puis à l’Assemblée algérienne (1948), président de la Ligue française des droits de l’homme d’Oranie ; à l’indépendance replié à Paris, inspecteur de la Sécurité sociale.

Né dans une famille de bourgeoisie juive oranaise partageant ses enfants entre les affaires commerciales et les professions libérales (avocats, médecins), après l’école primaire française et le lycée à Oran, Alexandre Amouyal fait des études de médecine à la Faculté d’Alger. Il ouvre ensuite un cabinet à Oran au centre de la ville européenne. Il devient une figure locale de la SFIO comme candidat rassembleur aux différentes élections, malgré la virulence de l’antisémitisme européen à Oran. L’abbé Lambert conquiert la mairie en passant de l’opposition aux maires de droite antisémites à un populisme de racisme colonial. Dans la campagne de Front populaire, le docteur Amouyal contribue en 1936 au succès du candidat SFIO, Marius Dubois*, élu député au bénéfice d’une élection triangulaire. A. Amouyal devient président de la Ligue des droits de l’homme.

En 1945, après la guerre, des municipalités dites de "France combattante " du nom du mouvement de Résistance française, sont mises en place, en excluant les collaborateurs de Vichy, sur la base des résultats électoraux antérieurs à 1939. La municipalité d’Oran comprend deux tiers de socialistes SFIO et un tiers de communistes, mais la rivalité est très forte entre socialistes et communistes qui ont élargi leur audience. C’est dans ces conditions qu’Alexandre Amouyal devient premier adjoint au maire.

Certes la liste sortante conserve la mairie aux élections de 1947, mais la municipalité est dissoute l’année suivante par suite de la rupture entre communistes et socialistes. La municipalité passe à droite avec le député gaulliste RPF, Henri Fouques-Duparc. Devant le retour de candidature de l’Abbé Lambert aux élections de 1953, un accord est conclu entre H. Fouques-Duparc, haut partisan de l’Algérie française, et la section SFIO d’Oran, qui est aussi très Algérie française dans une ville à majorité européenne. Neuf socialistes SFIO dont A. Amouyal sont élus dans cette municipalité qui reste en place jusqu’à la désignation, en pleine guerre, des délégations spéciales en mars 1958. En avril 1959, aux élections municipales sous contrôle, A. Amouyal fait partie des cinq élus de la liste d’Action socialiste et de fraternité algérienne conduite par Joseph Bégarrra*.

Aux élections de septembre 1945, le docteur Amouyal avait été élu conseiller général du secteur d’Oran-Hôtel de ville ; il siégera jusqu’à la fin en 1962, au Conseil général. Il est en outre délégué à l’Assemblée financière à Alger, qui est remplacée en 1948 par l’Assemblée algérienne. Candidat à cette assemblée, arrivé en troisième position en se maintenant au second tour, il fait échouer l’élection du candidat communiste au profit du candidat d’Union-RPF. En 1951, c’est au bénéfice d’une élection triangulaire qu’il est élu délégué. Il siège à Alger jusqu’à la fin de mandat de l’Assemblée en 1956, intervenant principalement sur les questions de santé, de sécurité sociale et d’enseignement ; il préside en effet la Commission santé publique et éducation nationale.

Candidat avec un autre socialiste, Maurice Rabier*, à Oran-ville sur une liste Union démocratique et fraternité algérienne, il échoue aux élections législatives à l’Assemblée nationale française en novembre 1958. Il préside de nombreux organismes : Commission administrative du Centre hospitalier régional d’Oran, Union hospitalière d’Algérie, Conseil d’administration de la Caisse de sécurité sociale des départements et communes d’Algérie ; il est également très décoré (Ordre de la santé publique, du Mérite, de la Légion d’honneur).

En 1962, il abandonne l’Algérie dans la précipitation de l’exode des Français d’Algérie (Européens et Juifs) ; il est alors considéré comme rapatrié et sera élu président du syndicat professionnel des médecins rapatriés d’Outre-mer. À Paris, avant retraite, il est inspecteur de la Sécurité sociale auprès des établissements hospitaliers.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150006, notice AMOUYAL Alexandre par René Gallissot, version mise en ligne le 3 novembre 2013, dernière modification le 3 novembre 2013.

Par René Gallissot

ŒUVRE : Radium et cancer de l’œsophage, thèse de doctorat en médecine, Carbonnel, Alger, 1924. – Plusieurs études sur l’enfance inadaptée.

SOURCE : Parcours, op. cit., no 13-14, notice Alexandre Amouyal par André Caudron, et no 11, du même, notice Henri Fouques-Duparc.

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