DERULLE Jean, Eugène

Par Didier Bigorgne

Né le 21 décembre 1873 à Autrecourt-et-Pourron (Ardennes), mort le 3 juillet 1958 à Nantes (Loire-Atlantique) ; ouvrier menuisier modeleur ; syndicaliste et militant socialiste ; conseiller d’arrondissement (1931-1934) ; conseiller général des Ardennes (1937-1945) ; maire de Frénois (1945-1947).

Fils d’un ouvrier chauffeur de four et d’une mère au foyer, Eugène Derulle exerçait le métier de menuisier-modeleur quand il épousa Berthe Eugénie Lemione, sans profession, le 25 avril 1905 à Haraucourt ; de cette union naquit un garçon. Eugène Derulle divorça le 14 mars 1922. Il épousa, en secondes noces, Augusta Zélie Gérard, sans profession, le 23 novembre 1927 à Frénois.

Eugène Derulle était secrétaire du cercle d’études sociales de Haraucourt affilié à la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes quand il fut élu conseiller municipal de la commune en 1900. Il fut réélu aux élections municipales de mai 1904 et 1904.

Installé à Sedan depuis 1910, Eugène Derulle devint membre de la commission de contrôle et de comptabilité de la Bourse du travail en 1911. Élu conseiller prud’homme, section industrie, pour l’arrondissement de Sedan en 1912, il conserva son mandat jusqu’en 1940. Alors qu’il occupait le poste de trésorier du syndicat CGTU du bâtiment à Sedan, Eugène Derulle fut président du conseil des Prud’hommes de Sedan en 1925. Il remplit cette fonction jusqu’en 1939.

Après la Première Guerre mondiale, l’itinéraire politique d’Eugène Derulle devint sinueux. Le 20 août 1920, il fut élu conseiller municipal de Sedan lors d’une élection complémentaire. En 1921, il adhéra au Parti communiste avec d’autres élus du Sedanais. Il fut le candidat de son nouveau parti à quatre reprises. Le 14 mai 1922, il échoua au premier tour des élections pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Sedan-Nord en recueillant 1 140 voix sur 3 918 inscrits et 2 550 votants. Aux élections législatives du 11 mai 1924, il figura en troisième position sur la liste du Bloc ouvrier et paysan ; il réalisa le quatrième score avec 8 542 voix (pour une moyenne de liste de 8 629 voix) sur 79 298 inscrits et 69 645 votants. Il conduisit, sans succès, la liste d’Union ouvrière aux élections municipales des 3 et 10 mai 1925 à Sedan en réussissant toutefois le meilleur score (604 voix sur 3 480 inscrits et 3 270 votants). Enfin le 29 juillet 1925, il fut éliminé au premier tour des élections pour le conseil général dans le canton de Sedan-Nord avec 450 voix sur 4 183 inscrits et 2 517 votants.

Après son second mariage, Eugène Derulle s’installa dans le village de Frénois. Il avait quitté le Parti communiste quand il fut élu conseiller municipal lors de l’élection complémentaire du 20 juin 1928. Réélu aux scrutins des 5 mai 1929 et 1935, il devint conseiller d’arrondissement pour le canton de Sedan-Nord le 25 octobre 1931. Candidat avec l’étiquette ’’Union ouvrière’’, il obtint 1 220 voix sur 4 263 inscrits et 2 842 votants au premier tour ; avec le soutien du Parti socialiste SFIO pour le second tour, il l’emporta en rassemblant 1 514 voix sur 2 908 votants. Le 7 octobre 1934, Eugène Derulle qui avait rejoint le Parti socialiste fut battu au premier tour avec 778 voix sur 4 311 inscrits et 3 207 votants. Il prit sa revanche le 17 octobre 1937 en devenant conseiller général pour le canton de Sedan-Sud, il obtint 1 185 voix sur 5 452 inscrits et 4 313 votants au premier tour, puis 2 264 voix sur 4 381 votants au scrutin de ballottage.

À ces deux élections, le fils du premier mariage d’Eugène Derulle, Pierre Derulle, né le 15 avril 1907 à Haraucourt, ouvrier métallurgiste et membre du Parti communiste, fut candidat pour le Conseil d’arrondissement. Il obtint 334 voix sur 1 627 inscrits et 1 271 votants dans le canton de Raucourt le 7 octobre 1934, puis 130 voix sur 1 575 inscrits et 1 301 votants dans le canton de Mouzon le 10 octobre 1937.

Réfugié à Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale, Eugène Derulle fut élu maire de Frénois à la Libération. Reconduit dans sa fonction après la victoire de la liste socialiste SFIO aux élections municipales d’avril-mai 1945, il conserva son mandat jusqu’au scrutin d’octobre 1947, auquel il ne se représenta pas. Entre-temps ; il avait perdu son siège de conseiller général le 23 septembre 1945, en étant battu au premier tour avec 2 603 voix sur 9 877 inscrits et 7 320 votants.

Eugène Derulle se retira définitivement à Nantes. En 1954, il présidait la Fédération des vieux travailleurs de Loire-Atlantique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150075, notice DERULLE Jean, Eugène par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 4 novembre 2013, dernière modification le 4 novembre 2013.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Nat. F7 13567. — Arch. Dép. des Ardennes M 15 ; 3M6, 7, 8 et 9. — Le Socialiste Ardennais, 1931 à 1937. — Le Réveil Ardennais, 1945 à 1947. — Presse locale. — Notice DBMOF par Henri Manceau et Justinien Raymond. — État civil d’Autrecourt-et-Pourron, de Haroucourt et de Sedan.

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