BOUYER Abel, Alfred

Par Jean-Pierre Besse, Delphine Leneveu

Né le 11 février 1889 au Thou (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé comme otage le 14 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; résistant en Charente-Inférieure (Charente-Maritime) ; cultivateur ; maire du Thou.

Abel Bouyer épousa le 22 janvier 1916 à Ger (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) Jeanne Milhé. Abel Bouyer était maire du Thou depuis 1925, il fut contacté par le commandant Pierre Fillol, commandant du centre de recrutement de l’armée de La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), pour aider au camouflage des prisonniers évadés et au passage en zone libre. Abel Bouyer fut ainsi rattaché au réseau Turma-Vengeance.
Arrêté le 17 juillet 1941 par les autorités allemandes, pour « aide à l’ennemi », Abel Bouyer fut inculpé pour avoir établi une fausse carte d’identité. Il fut condamné à la prison à perpétuité le 25 octobre 1941 par le tribunal militaire du Gross Paris, rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Interné à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne), il a été fusillé comme otage au Mont-Valérien le 14 février 1942 en représailles à l’attentat d’Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) du 21 janvier 1942 contre un soldat allemand.
Il fut inhumé au cimetière de Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine), puis il fut réinhumé au cimetière du Thou.
La mention Mort pour la France lui fut attribuée le 19 mars 1945.
Son nom figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien. Au Thou son nom a été gravé sur le monument aux morts, et une stèle commémorative a été érigée pour honorer sa mémoire.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)


L’abbé Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Samedi 14.2.42
4 exécutions.
8h15, départ pour Cherche-Midi, 4 otages attendaient le verdict de leur jugement. Commandant militaire les a choisis à cause de l’attentat récemment perpétré contre une sentinelle allemande.
1. Potelette, Henri [...]
2. Gaget, Emile, 10 rue Trébors, Levallois (S.)
3. Bouyer, Abel, chez M. Alphonse Goulard, 10 rue Christophe Colomb, Ivry (S.)
4. Berger, Lucien [gracié]
La peine de trois d’entre eux avait été commuée en peine à perpétuité, 1 à 10 ans - avaient beaucoup de mal.
......
Bouyer, éloigné [de l’Église] depuis sa 1re communion, silencieux, renfermé, environ 55 ans, ne s’est pas non plus confessé, lui donnai l’absolution générale au poteau, après l’avoir incité une dernière fois au courage ; n’a pas de famille.
....

Enterré ces trois au cimetière de Nanterre. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150108, notice BOUYER Abel, Alfred par Jean-Pierre Besse, Delphine Leneveu, version mise en ligne le 6 novembre 2013, dernière modification le 22 août 2021.

Par Jean-Pierre Besse, Delphine Leneveu

SOURCES : Arch. PPo., 77W 1098. — DAVCC, Caen. (Notes Thomas Pouty). — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 63-64. — MémorialGenWeb. — Site Internet Mémoire des Hommes.

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