ROQUES Mario, Louis, Guillaume

Par Jacques Girault

Né le 1er juillet 1875 à Callao (Pérou), mort le 8 mars 1961 à Paris ; professeur au Collège de France ; homme de gauche.

Fils d’un agent consulaire, originaire de la Haute-Garonne qui mourut peu après sa naissance, Mario Roques effectua sa scolarité secondaire au lycée Henri IV à Paris. Élève de l’École normale supérieure (lettres) de la rue d’Ulm de 1894 à 1897, il se spécialisa dans la philologie. Auditeur libre à l’école des Chartes, il perfectionna sa connaissance du Moyen-Age en fréquentant aussi les conférences de l’Ecole pratique des hautes études. Agrégé de grammaire en 1897, il fut pensionnaire de la fondation Thiers de 1897 à 1900. Après avoir effectué son service militaire dans l’artillerie comme lieutenant, il fut chargé de conférences en philologie romane à l’EPHE de 1901 à 1915. Professeur de roumain et d’albanais à l’École nationale des Langues orientales vivantes à partir de 1909, il enseignait aussi à la Sorbonne et à l’ENS.

Au cœur de l’affaire Dreyfus, Mario Roques fut à l’ENS en contact avec les milieux intellectuels se réclamant du socialisme. Mobilisé dans les services auxiliaires, envoyé en en mission dans les Balkans début de la Première Guerre mondiale puis sous-lieutenant dans l’artillerie sur le front de Champagne, proche d’Albert Thomas, il fut le chef-adjoint du cabinet de ce dernier au ministère de l’armement et joua un rôle important au service ouvrier du ministère, notamment dans les relations avec les syndicats. En 1917, Roques devint directeur d’études en sciences historiques et philologiques de l’EPHE. En 1918, il retrouva le service actif sur le front.

Roques se maria en octobre 1905 à Caudéran (Gironde). Le couple eut un enfant.

Roques fut pendant 17 ans le directeur pour la France du Bureau international du travail. Actif dans les milieux de gauche soucieux d’une réforme de l’enseignement par l’“école unique“, membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, partisan du Front populaire, il devint en 1937 le président de la 4eme section de l’EPHE, responsabilité qu’il conserva pendant la guerre et en 1945 malgré la limite d’âge. Proche de Léon Blum, il fut élu en 1937 sur la chaire d’histoire du vocabulaire français au Collège de France qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1946. Dans la même période, nommé administrateur de l’École des langues orientales à partir de 1937, il fut élu à l’Académie des Inscriptions et belles lettres.

Son œuvre couvrit l’histoire de la littérature médiévale depuis la création en 1910 de la collection « Les classiques français du Moyen Age » aux éditions Champion. Il dirigea aussi la revue Romania à partir de 1911. Il fut à partir de 1948 l’éditeur du Roman de Renart qui connut plusieurs enrichissements par la suite.

Pendant la guerre, Roques aida certaines personnalités de la gauche modérée et parfois des Juifs dans sa propriété de Sully-sur-Loire (Loiret). Roques, membre du Comité parisien de Libération, se présenta sur une liste se réclamant de la Résistance aux élections de l’Assemblée constituante.

Roques, tout au long de sa carrière, remplit d’autres responsabilités parmi lesquelles celles de membre du comité de perfectionnement de l’école des Chartes ou la présidence du concours d’entrée de l’ENS filles à partir de 1925. Il fut actif dans la commission de l’histoire littéraire de la France ou de la remise en chantier du dictionnaire du Latin médiéval.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150160, notice ROQUES Mario, Louis, Guillaume par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 novembre 2013, dernière modification le 20 novembre 2014.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 25230. — Notice biographique d’Alfred Merlin, Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres , 1961. — Adeline Blaszkiewicz-Maison, L’expérience Albert Thomas. Le socialisme en guerre 1914-1918, Master 2, ENS de Lyon, 2013.

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comprend 190 références.

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