CATOGNI Georges [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Syndicaliste CGT à Constantine (Algérie) après 1945, appelé à Alger en 1953 pour travailler à Alger Républicain ; arrête en 1957, torturé.

Secrétaire administratif de l’UD-CGT de Constantine, c’est pour sa compétence de gestionnaire et son dévouement, que Georges Catogni, est appelé à Alger en 1953 pour seconder à la comptabilité Jacques Salort* qui est l’administrateur d’Alger Républicain ; il est certainement membre du PCA (Parti communiste algérien). En fait, il sera un peu, l’homme à tout faire d’autant qu’il est un costaud et un bon compagnon ; il dépasse largement les cent kilos et a un pied-bot.

En septembre 1955 avec le PCA mais abusivement car Alger Républicain n’est pas un journal du parti, le journal est interdit ; pendant les longs mois que dure le procès de contestation fait par Alger Républicain, Henri Alleg* et Georges Catogni viennent maintenir les locaux ouverts et passer la nuit sur place. Une nuit de juillet 1956, une charge d’explosifs détruit l’entrée des locaux et atteint le bureau où dorment H. Alleg et G. Catogni ; une autre bombe explose en même temps à l’imprimerie. Georges Catogni sort indemne ; Henri Alleg a quelques blessures aux épaules et à la tête ; il est temps de passer à la clandestinité.

Arrêtés séparément en 1957, ils vont se retrouver un temps dans la même cellule à la prison Barberousse (Serkadji) après avoir connu la torture. Transféré à la prison des Baumettes à Marseille, G. Catogni y retrouve Jacques Salort. Libérés à l’indépendance, c’est de Marseille que tous deux en juillet 1962, viennent assurer la nouvelle sortie d’Alger Républicain, à partir de l’étroit bureau de l’architecte Abderrahmane Bouchama*. Quelques semaines plus tard, Henri Alleg les rejoint à Alger. “Depuis le “régime prison”, écrit-il de l’ancien comptable, sa silhouette s’était quelque peu affinée, mais il avait gardé le même air épanoui, souriant, heureux et disponible, comme s’il avait chassé de sa mémoire les tortures endurées aux mains des paras et les années de cellule qui avaient suivi”. Il employait volontiers l’humour : « quand tu es pendu par les pieds durant de très longues heures, tu te dis que tu aurais pu faire ‘’un peu de régime’’ ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150516, notice CATOGNI Georges [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 24 novembre 2013, dernière modification le 4 juin 2018.

Par René Gallissot

SOURCE : H. Alleg, La guerre d’Algérie, op.cit., T.3 et Mémoire algérienne, Stock, Paris 2005. — Notes de Marc Semenadisse.

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