METTE Jean [METTE, Aristide, Jean, André

Par Alain Prigent

Né le 31 décembre 1906 à Talence (Gironde), fusillé comme otage le 24 octobre 1941 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) ; ajusteur ; militant de la CGT et du Parti communiste.

Aristide Mette, que l’on appelait Jean Mette, était le fils de Jean, Marie Mette, et d’Anne Gouterodonde. Il se maria à Talence le 6 juillet 1929 avec Yvonne Tranchant.
Après avoir acquis une formation professionnelle d’ajusteur mécanicien, Jean Mette travailla dans diverses entreprises de l’automobile. C’est la période où il adhéra au Parti communiste. Sa qualification était recherchée dans les usines aéronautiques, il fut embauché à la Société nationale de construction aéronautique du Sud-Ouest (SNCASO) le 24 janvier 1938 à Mérignac puis à Bègles et enfin à Blanqui (Gironde). Il y trouva une organisation syndicale CGT fortement structurée malgré la répression et l’échec de la grève du 30 novembre 1938. Alors qu’il était mobilisé, un rapport de police daté du 9 mars 1940 signalait, selon Georges Durou, que « son attitude et ses propos indiquent nettement qu’il n’a pas rompu avec la doctrine communiste ».
Démobilisé le 6 juin 1940, il fut embauché aux usines Peugeot à Mérignac qui employait 400 ouvriers. Il y reconstitua l’organisation syndicale illégale et le Parti communiste clandestin afin d’assurer la diffusion de tracts appelant à la résistance et au sabotage de la production. La direction de l’usine envoya un rapport au commissaire spécial Poinsot indiquant qu’il régnait « une certaine agitation dans l’usine dont l’origine doit être recherchée dans l’action menée par les éléments communistes ». Le commissaire dressa la liste des militants suspects : Aimé Liebermann, ancien secrétaire de la cellule à Pontarlier (Doubs), Pierre Riccir, Prosper Lacroix et Jean Mette.
Le 15 février 1941, Jean Mette, arrêté par la brigade Poinsot fut conduit au camp de Mérignac. Le préfet, dans un rapport adressé à la Feldkommandantur le 17 février 1941, précisa que Mette était « un élément agissant insidieusement avec beaucoup d’habileté ce qui le rend dangereux ». Jean Mette, numéro 26 sur la liste générale des fusillés, fut l’un des cinquante otages fusillés le 24 octobre 1941 au camp de Souge en représailles à l’attentat qui coûta la vie au commandant Hans Reimers le 21 octobre 1941 à Bordeaux.
Le corps de Jean Mette, exhumé, fut inhumé à Talence le 24 novembre 1944. Son acte de décès comporte la mention « Mort pour la France ».
Le nom de Jean Mette figure sur le mémorial des fusillés de Souge, à Mérignac sur le monument commémoratif SNCASO et sur la plaque commémorative SNCASO, à Pessac sur le mémorial à la mémoire des Pessacais fusillés et victimes de la barbarie nazie et sur le monument aux morts, et à Talence sur le monument aux morts.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150619, notice METTE Jean [METTE, Aristide, Jean, André par Alain Prigent, version mise en ligne le 28 novembre 2013, dernière modification le 9 juillet 2021.

Par Alain Prigent

SOURCES : AVCC, Caen, 21P 597010. – Article de Georges Durou, Les nouvelles de Bordeaux, hebdomadaire de la fédération du Parti communiste de Gironde, 3 septembre 1987. – J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés (1940-1944), op. cit. – Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 fusillés de Souge, op. cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément