TAVERNIER Pierre, André, Léon [dit Tatave]

Par Virginie Daudin, Michel Thébault

Né le 29 avril 1919 à Châtellerault (Vienne), fusillé après condamnation à mort le 19 juin 1943 au champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne) ; tourneur et dresseur de canon à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault ; résistant de l’Organisation spéciale (OS) et FTPF.

Pierre Tavernier était le fils d’André, Auguste Tavernier (né le 11 février 1896 à Châtellerault) tourneur sur métaux et d’Yvonne, Léa Seigle (née le 2 janvier 1899 à Châtellerault) couturière, domiciliés 2 Place Île Cognet. Son père, fils d’armurier, exempté de service militaire pour une maladie neurologique avait épousé Yvonne Seigle, elle-même fille d’armurier le 19 janvier 1918 à Châtellerault. Pierre fut l’aîné de leurs quatre enfants. Sa présence sur la plaque commémorative du collège René Descartes indique qu’il fréquenta dans les années 30 le Vieux Collège, rue de la Taupanne qui regroupait alors le collège secondaire et l’École Primaire Supérieure. Employé ensuite à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault comme tourneur et dresseur de canon, il se maria à Châtellerault le 9 mars 1940 avec Simone, Rachel Dutarte.

Pierre Tavernier s’engagea dans la Résistance rejoignant l’Organisation spéciale (OS) puis les FTPF de Châtellerault. Dans le dossier d’homologation des formations FFI au SHD Vincennes (op. cit.) Il apparaît dans la liste des membres entre octobre 1940 et décembre 1942 comme chef du 2ème groupe, secteur Sud.
La Manufacture nationale d’armes de Châtellerault, placée sous une double direction franco-allemande et contrainte de produire pour la machine de guerre allemande, abrita le premier embryon de résistance châtelleraudaise. C’est une minorité, au maximum quarante employés, surtout des jeunes communistes et sympathisants, dont quelques femmes, qui s’engagèrent contre l’occupant à l’automne 1940. Si l’information clandestine constitua leur activité première, ils effectuèrent aussi des sabotages, des collectes de fonds pour les familles d’internés, sans oublier les actes de résistance passive à portée d’un nombre plus important d’ouvriers. Pierre Tavernier participa aux sabotages sur la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux dans la région de Châtellerault et sabota de nombreuses liaisons téléphoniques.
Arrêté pour activités communistes et détention d’armes le 28 mai 1943, il fut interné à la prison de la Pierre-Levée, à Poitiers. Pierre Tavernier fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Poitiers (FK 677) le 16 juin 1943 et fusillé sur le champ de tir de Biard le 19 juin 1943, avec quatre autres camarades, Jean Chiquet, Eugène Roux, Robert Gaillard et Roger Aubugeau. Fait exceptionnel, les autorités d’occupation diffusèrent dans la presse locale l’avis d’exécution de ces hommes. Pierre Tavernier fut inhumé dans le cimetière de Buxerolles.
Son corps, avec celui de ses sept camarades de la « Manu » fusillés sur le champ de tir de Biard, fut rapatrié dans le carré des fusillés (Rang 1, tombe 2) dans le cimetière de Châteauneuf à Châtellerault, par la section du Parti communiste le 10 novembre 1944. Le 30 novembre 1944 furent célébrées des funérailles officielles.

Il obtint la mention mort pour la France par décision du 8 février 1946, fut homologué FFI et obtint le statut Interné-Résistant (DIR). Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 11 juillet 1958. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Naintré, sur le monument érigé à la mémoire des 128 fusillés sur le champ de tir de Biard, inauguré le 8 mai 1949, et sur le monument des martyrs de la Résistance à Châtellerault.
Une rue porte son nom à Châtellerault.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150636, notice TAVERNIER Pierre, André, Léon [dit Tatave] par Virginie Daudin, Michel Thébault, version mise en ligne le 28 novembre 2013, dernière modification le 22 novembre 2021.

Par Virginie Daudin, Michel Thébault

SOURCES : SHD AVCC, Caen. Cote AC 21 P 680548 et SHD Vincennes GR 16 P 563668 — Mémoire des hommes, dossiers d’homologation des formations FFI, groupe FTPF Châtellerault GR 19 P 86/44 — Arch. Dép. Vienne, 1921W 4 et état civil, registre matricule, recensements — Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, Geste Éd., 2005. — Au nom de la Résistance, hommage aux 128 fusillés, coll. Centre régional « Résistance & Liberté » et MIMC Office national des anciens combattants Vienne, Poitiers, 2013. — Site Internet Vienne Résistance Internement Déportation — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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