GOUTTE Robert, André, Charles

Par Daniel Grason

Né le 4 août 1916 à Blois (Loir-et-Cher), fusillé après condamnation le 20 juin 1944 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; mécanicien.

Fils de Georges, employé de chemin de fer, et de Berthe, née Braquier, ménagère, Robert Goutte épousa Gisèle Rabache le 4 juillet 1936 à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Deux enfants naquirent. La famille vivait 112 rue Edmond-Rostand à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine).
Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), Robert Goutte fit partie d’une équipe de braqueurs avec Noël Seilly, Roger Letiec, Philippe Letailleur, René Gaigne, Roger Barette, Jules Menigoz et les frères Laurent et Timothée Castanon. Un boulanger d’Argenteuil fut délesté de douze mille francs ; un autre homme de cent quatre-vingt mille francs ; une attaque à Pierrelaye rapporta huit mille francs.
Le groupe organisa un braquage le jour de la paie des salariés de l’entreprise de téléphonie SAGEM à Argenteuil. En Traction Avant Citroën, ils coincèrent l’automobile apportant les fonds le 21 janvier 1944 vers 10 heures du matin en pleine rue. Sous la menace de mitraillettes, ils se firent remettre la sacoche par le comptable ; butin : un million huit cent mille francs. Le journal collaborationniste Le Matin du 22 janvier titra : « Mitraillettes au poing, des bandits arrêtent une automobile et s’emparent de 1 800 000 francs. »
Les membres de l’équipe prétendaient agir au nom de la Résistance, mais ils ne reversaient rien et travaillaient pour leur compte. Ils possédaient entre autres six automobiles acquises grâce au produit des vols. Tous furent arrêtés en février 1944 par la police nationale pour violences à main armée. Robert Goutte était porteur d’armes lors de son interpellation. Livré aux Allemands, incarcéré à Fresnes, le groupe, dont Robert Goutte, fut jugé le 8 juin 1944 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Robert Goutte fut condamné à mort pour « vol et banditisme », et exécuté le 20 juin 1944 au stand de tir du ministère de l’Air.

Son nom ne figure pas sur la plaque commémorative du ministère de l’Air, avenue de la Porte de Sèvres.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150806, notice GOUTTE Robert, André, Charles par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 décembre 2013, dernière modification le 30 mai 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117. – AVCC, Caen, Boîte 5 B VIII (Notes Thomas Pouty). – Léon Tsévéry et Florence Sekhraoui, les 161 fusillés du polygone de Balard, Éd. FFDJ, 2011. – Le Matin, 22 janvier 1944. – État civil, Blois.

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