PERROT Marie

Par Alain Prigent

Née le 2 octobre 1884 à Tréguier (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor), morte le 2 janvier 1975 à Tréguier ; institutrice puis commerçante ; résistante ; militante communiste ; conseillère municipale à Tréguier (1945-1947).

Marie Perrot (3e à partir de la gauche) à une manifestation de l’UFF à Rennes en 1950.
(Collection Le Mevel)

Fille d’un maître de cabotage, Marie Perrot avait exercé la profession d’institutrice dans diverses localités des Côtes-du-Nord à Plouec-du-Trieuc, à Louannec puis à Plouguiel. Elle se maria le 22 juillet 1908 à Tréguier avec Charles Le Goff, élève de l’école de la marine marchande, et divorça en 1916. Par la suite, elle tint une petite boutique de tissus sur la place du Martray à Tréguier, aidée par Marie Rivoal. Pendant la guerre, elle vendait des objets d’art : peintures, sculptures et faïences. Elle refusa la défaite et entra en contact avec Louis Pichouron, un des responsables du Parti communiste clandestin et du Front National. Elle devint la responsable de ce mouvement pour la région de Tréguier dès janvier 1943. Avec la complicité des services municipaux, elle fournit des faux papiers aux résistants. Elle participa aux réseaux d’évasion des aviateurs américains, canadiens et britanniques. Elle obtint, avant l’arrivée d’un détachement américain, au prix d’un courage et d’une ténacité qui fit l’admiration de tous, la reddition de la garnison de la Werhmacht installée dans un château, la Gast le 11 août 1944.

Militante du Parti communiste français, elle fut élue lors de l’élection municipale de mai 1945, devenant la première femme à siéger au conseil municipal de la cité d’Ernest Renan. En 1947, elle conduisit sans succès la liste communiste. En 1953, il figurait sur la liste d’union des gauches. Militante de l’Union des femmes françaises, elle fut à l’origine des Rondes de la Paix à Plougrescant qu’elle présidait avec Marcel Cachin. Elle logea chez elle Frédéric Joliot-Curie, Paul Langevin et Jacques Duclos lorsqu’ils venaient dans cette partie du département. Elle aida les jeunes à organiser l’Union de la jeunesse républicaine de France autour de Janine Le Mével et de François Gégou. Une plaque à son nom a été apposée devant la cathédrale de Tréguier où l’école maternelle de la ville portait son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150994, notice PERROT Marie par Alain Prigent, version mise en ligne le 11 décembre 2013, dernière modification le 7 janvier 2022.

Par Alain Prigent

Marie Perrot (3e à partir de la gauche) à une manifestation de l’UFF à Rennes en 1950.
(Collection Le Mevel)

SOURCES : Arch. dép. Côtes d’Armor 20W93 (Élections municipales de 1947). —Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. —Articles de Janine Le Mével, « Les femmes dans la Résistance », Les Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, N°3-4, mars 1996, et dans L’Avenir Trégorrois, Bulletin de la section du PCF de Tréguier, N°9, juillet 1977.— Note de Jacques Girault.

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