FOLIGUET Bertrand, Frantz, Marcel

Par Bernard Mouraz

Né le 10 avril 1915 à Colombe-les-Bithaine (Haute-Saône), fusillé le 5 février 1944 à Épinal (Vosges) ; gendarme ; résistant.

Fils de cultivateurs, Bertrand Foliguet était marié et père de deux enfants (le second vit le jour après la mort de son père).
Il fut admis dans la gendarmerie en 1936 et affecté au peloton mobile no 48 de Baccarat (Meurthe-et-Moselle) de la 4e légion de garde républicaine mobile. Le 1er septembre 1939, il fut détaché au 110e bataillon de chasseurs à pied de Toul (Meurthe-et-Moselle) avec le grade de sergent. Sa conduite pendant la campagne de 1940 lui valut la Croix de guerre. Fait prisonnier le 26 juin 1940 dans les Vosges, il fut mis en congé de captivité, en tant que gendarme, le 23 août 1941. Foliguet fut alors affecté à la brigade de gendarmerie départementale de Mélissey (Haute-Saône), puis muté le 25 novembre 1941 à la brigade de Vauvillers (Haute-Saône).
Avec son chef de brigade, le maréchal des logis-chef Armand Véron, il intégra en 1943 le groupe de résistance RDB du secteur du Morillon (forêt qui s’étend du nord du département de la Haute-Saône à celui des Vosges), dirigé par Pierre Trinchant (Organisation civile et militaire, OCM). Leurs principales activités consistaient à héberger les réfractaires du Service du travail obligatoire (STO). Dans la nuit du 15 au 16 août 1943, les deux militaires de la gendarmerie participèrent avec le groupe à la récupération de dix-sept colis d’armes parachutés par un avion britannique près de Gruey (Vosges). Prévenus par un résistant qu’ils avaient réussi à « retourner », les Allemands retrouvèrent rapidement les armes qui avaient été dissimulées dans des caches et arrêtèrent plusieurs des participants au parachutage. Prévenu à temps, Pierre Trinchant parvint à s’enfuir en Suisse. Sachant que deux gendarmes de Vauvillers, dont ils ignoraient les noms, avaient également participé à l’opération, des agents de la Sicherheitspolizei procédèrent, le 30 novembre 1943, à l’arrestation de tous les militaires de la brigade, à l’exception du maréchal des logis-chef Véron, absent au moment de leur arrivée. Prévenu de l’arrestation de ses hommes, Véron gagna alors la clandestinité.
Conduits à la prison d’Épinal, les gendarmes furent présentés aux résistants précédemment arrêtés pour qu’ils désignent ceux qui avaient participé en leur compagnie à la récupération des armes. Torturés, deux d’entre eux finirent par dénoncer le gendarme Bertrand Foliguet. Celui-ci fut immédiatement emprisonné, tandis que ses six autres collègues furent relâchés le 1er décembre. Jugé par le tribunal militaire allemand d’Épinal, Foliguet fut condamné à mort le 27 janvier 1944 pour « aide à l’ennemi en temps de guerre ». Le recours en grâce présenté par Me Pierre Vandal (avocat d’Épinal mandaté par la direction générale de la gendarmerie pour assurer la défense du militaire) ayant été rejeté, Bertrand Foliguet a été fusillé à Épinal le 5 février 1944 en compagnie de cinq résistants qui avaient participé à l’opération du 16 août 1943.
Bertrand Foliguet fut décoré de la Médaille militaire à titre posthume (décret du 26 mai 1948).
La municipalité de Vauvillers donna son nom à l’une des rues de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151023, notice FOLIGUET Bertrand, Frantz, Marcel par Bernard Mouraz, version mise en ligne le 11 décembre 2013, dernière modification le 15 juin 2022.

Par Bernard Mouraz

SOURCES : SHD-DGN 1 A 107, 70 E 13, 70 E 23, 70 E 203. – SHD-DIMI, Bureau Résistance, 16 P 227076.

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