PICHOURON Louis, Marie alias Maurice puis Commandant Alain

Par Alain Prigent

Né le 27 mars 1902 à Minihy-Tréguier (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor), mort le 23 août 1985 à Plouguiel (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) ; marin de commerce ; responsable du PC clandestin et du Front National dans les Côtes-du-Nord.

Photo tirée de son ouvrage

Louis Pichouron était le fils de Jean Pierre Pichouron, agriculteur à Minihy-Tréguier, et d’Eugénie Derrien, ménagère. En 1927, il épousa en premières noces Marie Landouar, qui décéda le 7 novembre 1931. Il se remaria à Léonie Le Cozannet le 4 avril 1932 à Plouguiel. De cette union naîtront deux enfants.

Jusqu’en 1931, il tint un commerce d’épicerie à Plouguiel mais il fit faillite. Il s’engagea dans la marine marchande. Pendant la guerre d’Espagne, il naviguait semble-t-il pour la compagnie France Navigation. Après avoir manifesté à bord d’un bâtiment, il cessa de naviguer. Victime de la tuberculose, il fut hospitalisé à Bordeaux puis rapatrié en Bretagne. Pendant la Drôle de guerre, il reçut du matériel politique qu’il diffusa avec François Boulard, militant de Penvénan. Après la Débâcle, dès l’été 1940, il commença à tisser des liens avec les militants communistes du Trégor qu’il avait connus avant-guerre. Il rencontra Pierre Le Quéinec puis Marcel Cachin. Il eut des contacts avec l’ancien responsable de la SFIO, Augustin Hamon. Il commença à mettre en place les structures du Front National dans l’ouest du département. Il organisa avec André Cavelan l’exfiltration de Marcel Cachin à la fin de l’été 1942. Entré dans la clandestinité début 1943, avec son épouse, ils s’installèrent au Légué, en Plérin, laissant leurs filles à l’internat à Tréguier. Responsable de la région des Côtes-du-Nord du PC clandestin, Maurice, succéda dans les premiers mois de 1943 à Pierre Le Quéinec, à Jean Jouneau puis à Léon Renard. Ces deux derniers étant des militants cheminots venus de Rennes. Louis Picart lui succéda. Il échappa aux grandes arrestations du printemps 1943 fatales à Marcel Brégeon, et à celles d’août 1943. Sa femme et son frère et son beau-frère, Auguste Pichouron, Amédée Le Guen, furent arrêtés et déportés. Repéré par la police en avril 1943, il refusa la proposition de Marcel, René Poirot, l’inter-régional du PC clandestin, d’être « muté » dans un autre département. « Franc-tireur des franc-tireurs », selon son expression, il s’occupa alors des structures du Front Nation avec Jean Devienne. A la Libération, son rôle au sein du PCF fut minoré, il se retira de la vie publique.

A la fin des années 1960, il écrivit un ouvrage préfacé par Marcel Paul sur la naissance et le développement de la Résistance dans ce département. Se rapprochant de François Gégou, il renoua par son adhésion avec la section du PCF de Tréguier. Au début des années 1980, il publia quelques articles dans le journal de la section.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151041, notice PICHOURON Louis, Marie alias Maurice puis Commandant Alain par Alain Prigent, version mise en ligne le 12 décembre 2013, dernière modification le 21 août 2018.

Par Alain Prigent

Photo tirée de son ouvrage

OEUVRE : Mémoire d’un partisan Breton, Presses universitaires de Bretagne, 1969.

SOURCES : Arch. dép. Côtes d’Armor, 2W134. — Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 213W68, dossier de la Cour de Justice de Rennes, Procès Léon Renard, juin 1946. —L’Aube Nouvelle, hebdomadaire de la fédération des Côtes-du-Nord du PCF (1945-1951). — Christian Bougeard, Le choc de la deuxième guerre mondiale dans les Côtes-du-Nord, thèse de doctorat d’Etat, Rennes II, 1986. — Alain Prigent, Histoire des communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, 2000. — L’Avenir Trégorrois, périodique de la section de Tréguier du PCF, N° 30, novembre 1981. — État civil.

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