TÊTE Jacques, André

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 2 septembre 1920 à Paris (XVIIIe arr.), fusillé le 27 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; menuisier ; résistant gaulliste au sein des Cadets de France.

Fils de Léopold, receveur, et de Germaine, née Grain, sans profession, Jacques Tête était domicilié à Pontoise (Seine-et-Oise, Val-d’ Oise). Célibataire, il exerçait la profession de menuisier.
Jean-Claude Chabanne, jeune gaulliste, forma à Pontoise un groupe de résistants sous le nom des Cadets de France. Ils récupérèrent des armes abandonnées en forêt de L’Isle-Adam lors des combats de 1940, et firent des observations autour de l’aérodrome de Cormeilles-en-Vexin, où les occupants entreprenaient des travaux d’aménagements.
L’un des membres du groupe, Paul Thueux, élève à l’École d’électricité industrielle Charliat, à Paris (XVIIIe arr.), entretenait des relations amicales avec deux autres élèves, Hervé Cosmao et Jacques Roybon. Il leur parla de son activité. Or ces derniers s’étaient mis au service de la Geheimfeldpolizei (GFP). Le commissaire Veber, qui dirigeait la police judiciaire, mit à la disposition des Allemands plusieurs policiers dirigés par un inspecteur pour effectuer les filatures et procéder à une partie des arrestations.
Jacques Tête fut arrêté le 16 décembre 1941 au carmel de Pontoise, alors qu’il servait la messe, par la GFP pour « gaullisme, espionnage et détention d’armes ». Incarcéré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), il comparut le 16 janvier 1942 devant le tribunal de la Feldkommandantur 758 de Saint-Cloud (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Condamné à mort pour « détention et livraison de plans des dépôts d’essence et de bombes du camp d’aviation de Cormeilles-en-Vexin, activités gaullistes », il fut passé par les armes le 27 février 1942, en même temps que Jean-Claude Chabanne et Pierre Vogler.
Inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), Jacques Tête reçut la Médaille de la Résistance (JO du 13 octobre 1946). Le conseil municipal de Pontoise donna son nom au boulevard d’Ennery.



« Vendredi 27.2.42
3 exécutions
À Fresnes, à 11 heures, prévenu que 3 [détenus] doivent être exécutés dans l’après-midi, tribunal de Saint-Cloud. Fut chargé de leur annoncer : Tête Jacques, Vogler Pierre et Chabanne Jean-Claude. Tête avait déjà reçu la communion avant, Vogler inscrit pour le jour suivant. Tête voulait devenir prêtre (vocation tardive), fut arr^té pendant qu’il servait la messe, jeune garçon pieux, 21 ans. Vogler n’arrivait pas à y croire, pensa à sa mère jusqu’à la mort. Chabanne un peu éloigné, mais bonne confession et communion. Tous 3 munis des saints sacrements. En chemin, bonne ambiance, la Feldgendarmerie de St-Cloud nous transporta dans un petit fourgon, prié. À la fin, Tête récita son chapelet. Puis je récitai la prière pour les pourant. Vogler pria à haute voix pour sa mère, comme les deux autres, Tête garda son chapelet à la main. Adresses : Tête, 3, rue Lavoye, Pontoise ; Voglet, 35, rue nationale, Vauréal ; Chabanne, 71, rue St-Jean, Pontoise, enterrés à Ivry, 39e div. 2r ligne, Tête n°17, Chabanne n°9, Vogler n°14. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151202, notice TÊTE Jacques, André par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 18 décembre 2013, dernière modification le 29 décembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 1114. – DAVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – Fabrice Bourrée, De jeunes pionniers de la Résistance à Pontoise : le groupe Chabanne, éd. 2003. – J.-M. Berlière, F. Liaigre, Le sang des communistes, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet Centre d’études René Nodot (commission rogatoire, rapport du 10 octobre 1945 sur les arrestations de décembre 1941). – État civil, Paris (XVIIIe arr.). — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p.69.

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