BELKAÏM Kaddour, pseudonyme de BOUSSAHBA Kaddour [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamrouche et René Gallissot

Né à Oran le 10 mai 1911, ouvrier boucher, ouvrier du bâtiment puis permanent communiste à Oran ; passe des Jeunesses communistes au secrétariat de la Région oranaise du PCA en 1936 ; membre du Bureau politique en 1937 ; interné en 1939 au camp de Djénien Bou-Rezg où il meurt le 30 juillet 1940 ; célébré par le PCA comme un “martyr”.

Photo où le dirigeant communiste apparait avec une chéchia rouge sur la tête.

Selon la police, son véritable nom est Kaddour Boussahba . Le jeune Kaddour exerce dans un premier temps le métier d’ouvrier boucher chez son frère qui tenait une boucherie au marché Lamoricière à Oran. On le retrouve par la suite ouvrier du bâtiment avant de devenir un professionnel politique. C’est vers 1928 à l’âge de 17 ans qu’il aurait adhéré aux Jeunesses communistes. Déjà, au début des années 1930, il apparaît comme un militant communiste très actif ; un rapport de police le dit, en 1932, secrétaire de la cellule indigène d’Oran qui compterait douze adhérents.

C’est cette année là, avec Abdelkader Hasnaoui* qu’il conduit la manifestation appelée par les Jeunesses communistes et suivie par deux cent jeunes hommes qui descend à Oran, du quartier de la « ville nouvelle » vers le centre européen, pour réclamer l’égalité devant le service militaire ; le service est d’un an pour les « Européens » et de deux pour les « indigènes » sans parler des pratiques de racisme tant à l’enrôlement qu’à l’armée. Kaddour Belkaïm est alors arrêté et détenu à la prison militaire d’Oran puis obligé d’effectuer le service militaire. À sa libération, il aurait fait l’objet d’une tentative de récupération par l’administration française ; un poste de caïd lui aurait été proposé. 

Kaddour Belkaïm devient secrétaire de la région oranaise du PCA qui naît de la transformation de la Région communiste d’Algérie à la fin de 1936. Parallèlement au Front populaire, il participe à la mise en place du Congrès musulman ; il soutient en Oranie, la constitution du « bloc des organisations musulmanes » qui comprend une douzaine d’organisations politiques, religieuses et culturelles. En décembre 1937, promu par Robert Deloche* envoyé du PCF, il entre au secrétariat du bureau politique du PCA ; il est le deuxième secrétaire derrière Benali Boukort*.

Arrêté en septembre 1939 ou plutôt se laisse arrêter au siège du parti au moment de l’interdiction du Parti communiste, il meurt du typhus en détention au camp de Djénien Bou-Rezg (sud algérien) le 30 juillet 1940. Le PCA le célébrera comme un « des martyrs du Parti communiste algérien » dans la guerre de 1940.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151479, notice BELKAÏM Kaddour, pseudonyme de BOUSSAHBA Kaddour [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamrouche et René Gallissot, version mise en ligne le 24 décembre 2013, dernière modification le 31 mars 2017.

Par Amar Benamrouche et René Gallissot

Photo où le dirigeant communiste apparait avec une chéchia rouge sur la tête.

SOURCES : Arch. Nat. France, Paris, F7 13 130. — Notes d’A. Taleb-Bendiab. — Liberté, 2 août 1951. — O. Carlier, Entre nation et Jihad, op. cit. — J-L. Planche, “Le parti communiste d’Algérie entre deux nationalismes (1920-1962)”, Cahiers du GREMAMO, n° 7, Université de Paris 7, 1990. — N. Benallègue-Chaouia, Algérie. Mouvement ouvrier et question nationale, op.cit.

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