BELKHODJA Jeanine, épouse KESSOUS [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Née le 2 avril 1928 à Alger (Algérie), morte le 27 octobre 2013 à Paris (XIIIe arr.) ; médecin communiste active dans la guerre de libération ; après l’indépendance, professeur de gynécologie obstétrique à Alger.

Née dans une famille mixte de mère d’immigration corse en Algérie et de père appartenant aux quelques familles de Kabylie converties au catholicisme, Jeanine Belkhodja est elle même, catholique croyante et pratiquante. Elle devient communiste sans cacher sa foi religieuse, dans le milieu des jeunes étudiants de la Faculté d’Alger aux côtés des frères Timsit (voir Daniel Timsit*), Maurice et Josette Audin*… Son volontarisme de médecine sociale la rend proche de l’Association de la jeunesse algérienne pour l’Action sociale groupée autour d’André Mandouze où elle rencontre Pierre Chaulet*, Alice Cherki, eux-aussi médecins. Pour fournir des médicaments et pour soigner, elle se met en 1955 à la dispositon des Combattants de la libération qui vont monter le maquis communiste de l’Ouarsenis, et très tôt directement au service de l’ALN.

Arrêtée en février 1957, en pleine bataille d’Alger, elle est torturée « selon la méthode classique » » à la villa Sésini et emprisonnée à Barberouusse (Serkadji). Dès sa mise en liberté, elle gagne Tunis en 1960 où elle travaille avec le Dr Michel Martini* aux soins des blessés de l’ALN et des réfugiés algériens dans le service mis en place sous les auspices du GPRA par Dr Nekkache. En mai 1962, avec Alice Cherki, elle est une des premières femmes médecins à quitter Tunis pour Alger. Au sein de la Zone autonome (de la Wilaya 4 de l’ALN), dans le chaos aggravé par les attentats OAS et les départs européens, elle participe au sauvetage d’une action médicale à Alger. C’était, écrit le Dr Martini, « une drôle de petite bonne femme un peu rondouillarde mais d’un dynamisme époustouflant : elle m’impressionna beaucoup sur le plan humain ». Depuis les années 1970, elle est médecin gynécologue à l’hôpital Mustapha d’Alger, devenue Jeanine Nadjia Belkhodja Kessous. Elle s’implique fortement dans le mouvement des femmes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151493, notice BELKHODJA Jeanine, épouse KESSOUS [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 25 décembre 2013, dernière modification le 8 novembre 2020.

Par René Gallissot

SOURCES : A. Dore-Audibert, Des Françaises d’Algérie dans la guerre de libération. Karthala, Paris 1995. — M. Martini, Chroniques des années algériennes. 1946-1962. Bouchène, Saint-Denis, 2002.

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