BELKHODJA Kaddour [Dictionnaire Algérie]

Par Jean-Louis Planche

Né le 10 Août 1925 à Batna, communiste ; organisateur des Jeunesses démocratiques à Batna ; en 1943, membre du Comité central de l’Union des jeunesses démocratiques ; à Paris en 1947, permanent de la CGT ; de 1952 à 1965, employé de la mairie de Gennevilliers (Seine) chargé de l’immigration algérienne assurant la liaison avec le FLN.

Le père descend d’unefamille dite turque par appartenance ancienne à la caste militaire ottomane, de la région de Sétif ; il est adel, assesseur de justice musulmane, proche de l’Association des Oulémas. La mère est de famille kabyle du cap Aokas, près de Bougie. Elève à l’école indigène, puis à l’École Primaire Supérieure, Kaddour Belkhodja fait en 1940 du scoutisme aux Éclaireurs de France, son père craignant pour lui de l’inscrire aux Scouts musulmans. À l’école indigène, il a pour institutrice Paulette Grégoire, communiste et petite-fille d’un vieux militant, le père Grégoire, marchand de vin toujours au bord de la faillite.

En 1941-1942, avec quelques camarades des Éclaireurs de France, il sert d’agent de liaison pour un petit groupe plus ou moins gaulliste, fait des graffitis sur les murs, dessine des croix de lorraine sur les billets de banque, participe à l’enlèvement des portraits du Maréchal Pétain dans les salles de l’EPS, distribue des numéros de La Lutte Sociale clandestine. En 1943 il adhère aux Jeunesses démocratiques qui prennent le relais des Jeunesses communistes, et devient responsable en 1944de la section de Batna qui rassemble plusieurs centaines de jeunes ; il adhère au PCA.

Secrétaire de mairie à Batna en 1944, K. Belkhodja entre aux Contributions, tout en conservant son emploi à la mairie. En 1946 il devient clerc chez l’avocat Laïd Lamrani*, neveu de Me Sisbane, qui a adhéré au PCA l’année précédente. Il anime les permanences de la C.G.T., dirige le cercle de Batna de l’Union de la Jeunesse Démocratique d’Algérie ; il est membre du Comité central de ce mouvement de jeunesse.

En mai 1947, accaparé par son activisme et ne trouvant pas d’emploi à Batna à cause de son engagement communiste, part pour Paris, adhère au PCF, entre comme auxiliaire des installations aux P.T.T. Employé au Central de la rue de Grenelle, lors des grèves de l’automne 1949, il est arrêté, condamné pour outrages et coups à agents, interné à Fresnes, licencié. Il devient ensuite permanent à la Fédération postale de la CGT, puis à la Fédération des Syndicats de la Seine.

En 1949, et pendant plusieurs années, appuyé par Ali Debabèche* qui est permanent à la Fédération de la Seine du PCF, il pose à la direction du parti qui soutient la publication du périodique L’Algérien en France, le problème de créer un groupe de langue arabe algérien, mais se heurte à un refus réitéré. Découragé, Ali Debabèche quitte ses fonctions au PCF, ouvre un bar, végète.
De 1952 à 1965, Kaddour Belkhodja est employé à la mairie de Gennevilliers, ayant en charge les problèmes de l’émigration, payé sur un poste de garde-champêtre. Il organise des soirées orientales pour les émigrés, des groupes de lecture dans les cafés. Ainsi L’Algérien en Franceest lu à haute voix et sert à alimenter les discussions. Kaddour Belkhodja suit les cours de l’école centrale de la CGT puis de celle du PCF en 1954 ( session de 15 jours, spécifique pour les Algériens).

Dès le début 1955, il est en contact avec le FLN à Paris. Il essaye en vain d’obtenir que le PCF s’engage davantage. Il juge sans intérêt les discussions auxquelles se borne la Fédération de France que le PCA devenu clandestin tente d’organiser autour de la diffusion de son journal Liberté. En 1956, il devient membre du FLN, après avoir refusé de renier le PCF, rappelant que ni les anciens du PPA ni les anciens de l’UDMA n’ont été soumis à cette exigence pour adhérer au FLN.

Rentré en Algérie en 1965, il est sous-directeur, chargé de l’émigration au ministère du Travail de 1965 à 1972, puis au ministère des Anciens Moudjahidines jusqu’en 1975, date à laquelle il revient à Paris. Il soutient à l’Université de Paris 1, une thèse de 3e cycle en sociologie : « L’émigration algérienne et ses problèmes » et trouve un emploi à la Direction régionale du travail où il est chargé des relations avec l’Assedic et où sa femme, Jeannette Belkhodja, militante communiste, dirige une école de formation des assistantes sociales. Il est par ailleurs le père de l’actrice Catherine Belkhodja et le grand-père paternel de l’actrice Isilde Le Besco.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151494, notice BELKHODJA Kaddour [Dictionnaire Algérie] par Jean-Louis Planche, version mise en ligne le 25 décembre 2013, dernière modification le 23 septembre 2017.

Par Jean-Louis Planche

SOURCES : Entretiens de Kaddour Belkhodja avec J-L. Planche, Paris, 1987 et 2006.

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