BENAMIRA Taïeb [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Instituteur de Mila, socialiste SFIO actif avant la Seconde guerre mondiale.
Dans les années 1930, à l’école primaire de Mila dans l’Est constantinois, l’école entre médina et ville nouvelle où se mêlaient les élèves, la classe d’initiation était tenue par Amar Benamira, le père de Taïeb Benamira qui était à cette époque à l’École normale d’instituteurs pour devenir à son tour maître d’école. Amar Benamira le père, appartenait à une modeste famille de Mila ayant une réputation d’honnêtété ; la région était dominée par le gros colon Gratien Faure, radical socialiste ; les Boussouf constituaient la grande famille locale à tous les degrés de propriété et de fonctions ; le Cheilh El Mili était l’autorité morale représentant les Oulémas.

On dispose sur ces années de Mila, des souvenirs de Lakhdar Kaïdi* qui fut le dernier secrétaire général de la CGT-UGSA des années 1950. Si Taïeb Benamira plus âgé, était donc parti se former avant de revenir à Mila comme instituteur, au moment du Front populaire et du Congrès musulman, la même promotion de classes primaires que celle du bon élève L. Kaïdi de famille pauvre, accueillait Abdelhafid Boussouf d’une branche moins fortunée parmi les Boussouf et un autre enfant notable : Lakhdar Bentobbal.

Déjà aux élections du Conseil général en 1937, Amar Benamira s’était mesuré au candidat soutenu par Gratien Faure et à la famille Boussouf, comme candidat indépendant, républicain se situant plus à gauche. Il n’appartenait pas à un parti pas plus en 1945 quand il est élu au Conseil municipal. Son fils devenu instituteur est alors secrétaire adjoint de la SFIO de la localité. ; le jeune Boussouf entrait à l’UDMA et L.Ben Tobbal suivra le PPA-MTLD. Parce que « le syndicat, c’est les communistes », L. Khaïdi* est à la CGT et au PCA animé par des instituteurs combattifs et des agents et ingénieurs des Ponts et Chaussées.

C’est aussi un ingénieur des Ponts et Chaussées Jean Floris* qui est à la tête de la section socialiste et préside le comité de la France combattante qui assure l’unuon à gauche dans une exaltation patriotique française. Après ce temps de grande effervescence, peut-être parce que Jean Floris est éloigné en étant muté à Alger laissant à l’abandon la section socialiste, le nom de Taïeb Benamira n’apparaît plus dans la vie locale ; l’enseignant poursuit probablement plus loin sa carrière.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151524, notice BENAMIRA Taïeb [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 25 décembre 2013, dernière modification le 18 novembre 2020.

Par René Gallissot

SOURCES : Presse locale dépouillée par L.-P. Montoy. — N. Djabi, Kaidi Lakhdar. Une histoire du syndicalisme algérien. Entretiens. Chihab Editions, Alger, 2005.

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