BENSID Abderrahmane [Dictionnaire Algérie].

Par René Gallissot

Né le 18 mars 1932 à Sebdou près de Tiaret, émigrant à Lille (France), actif à La Fédération du Nord du MTLD ; au congrès d’Hornu des partisans de Messali* (juillet 1954), membre du Conseil national de la Révolution ; délégué du MNA créé par Messali dans les négociations avec la CISL sur l’adhésion d’une centrale nationale algérienne unique ; un des fondateurs de la Fédération de France de l’USTA (mars 1956) ; secrétaire général de l’USTA reconstituée en 1959 ; exclu en 1961 par Messali* pour son engagement dans le Front algérien d’action démocratique (FAAD) en tractation avec le gouvernement français.

Parti très jeune en France, Abderrahmane Bensid milite à Lille à la Fédération du Nord du MTLD, et dans la crise du parti, se prononce pour Messali* auquel il rend visite à Niort le 21 février 1954. Au congrès des partisans de Messali à Hornu en Belgique en juillet 1954, il entre au Conseil national de la Révolution. Sa fiche de police le dit épicier à Lille, ce qui n’est vraisemblablement qu’une couverture ; à 22 ans, il devient en fait un permanent du MNA, le parti créé par Messali*.

Au reste, c’est comme représentant du MNA pour soutenir le projet d’une centrale nationale syndicale qu’il est délégué à la conférence nord-africaine tenue par laCISL à Tunis en juillet 1955. Il participe aux négociations menées à Bruxelles en décembre 1955-janvier 1956 par le secrétariat de la CISL pour trouver un accord entre MNA et FLN et aboutir à la constitution d’une centrale syndicale unique. Ce sera l’échec, consommé en février 1956 par la création d’une part de l’USTA derrière le MNA, et d’autre part ensuite, de l’UGTA derrière le FLN. L’UGTA est reconnue par la CISL. A.Bensid participe aux côtés d’Ahmed Bekkat*, à la création de la Fédération de France de l’USTA le 26 mars 1956, dont il devient un des dirigeants.

Arrêté le 1er novembre 1957, Abderrahmane Bensid est incarcéré à la prison de la Santé à Paris. Libéré en 1958 comme un certain nombre de messalistes dans la recherche par le général De Gaulle d’une troisième voie à travers Messali*, il devient membre du Bureau politique consultatif provisoire qui est le nouvel organe de direction du MNA. Il s’emploie à la reconstitution de l’USTA ; en avril 1959, c’est sous sa direction que reparaît La Voix du travailleur algérien, organe de l’USTA. Le 2E congrès de l’USTA, tenu le 27-30 novembre 1959 dans la salle des fètes de la mairie socialiste de Fives-Lille, l’élit ou plutôt le confirme secrétaire général. Son rapport se montre favorable à la politique du général De Gaulle, au Plan de Constantine en particulier.

Son premier soutien auprès du mouvement messaliste vient du courant trotskyste « lambertiste » ; il apparaît cornaqué comme l’on dit dans ce groupe, par Alexandre Hébert qui est un des principaux dirigeants de ce courant de la IVe Internationale, qui pratique le secret. A. Bensid passe ensuite au Front algérien d’action démocratique, autre tentative d’inspiration gouvernementale française pour avoir d’autres interlocuteurs que le FLN dans une éventuelle négociation par une table ronde. Prononçantla dissolution du Bureau politique provisoire du MNA, Messali* exclut, le 29 juin 1961, 17 dirigeants du FAAD dont A. Bensid. Celui-ci reconstitue une Commission éxécutive de l’USTA et met en place un nouveau Bureau de la Fédération de France de l’USTA qui survit tant bien que mal.

Dans les négociations avec la CISL, B. Bourouibadit avoir apprécié l’intelligence du jeune Bensid. Celui-ci en effet tranche par son âge dans ce milieu des vétérans messalistes liés à l’implantation ancienne dans l’immigration, à Lille notamment et dans le Nord de la France, alors que l’emporte le FLN par le renouvellement migratoire et par l’intermédiaire de l’AGTA.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151608, notice BENSID Abderrahmane [Dictionnaire Algérie]. par René Gallissot, version mise en ligne le 27 décembre 2013, dernière modification le 27 décembre 2013.

Par René Gallissot

SOURCES : Procès-verbaux de la réunion de la CISL à Tunis, 2-9 juillet 1955 et réunions de Bruxelles en juillet 1956, secrétariat de la CISL, Bruxelles. — B. Stora, Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens, op. cit. — B. Bourouiba, Les syndicalistesalgériens, op. cit. — Biographie extraite de sa thèse universitaire : J. Simon, MESSALI HADJ (1898-1974). La passion de l’Algérie libre, Editions Tirésias, Paris, 1998. — Sous la direction de Jacques Simon, documents des congrès de la Fédération de France de l’USTA, premier congrès juin 1957, 2e congrès, novembre 1959, La voix du Travailleur algérien, 3 volumes, L’Harmattan, Paris, 2000-2003, et La Fédération de France de l’Union syndicale des travailleurs algériens. F.L.N. contre U.S .T.A., L’Harmattan, Paris, 2002.

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