BENYELLES Mustapha [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamrouche

Né vers 1911 à Tlemcen dans une famille confrérique ; après des débuts à la CGTU et au PC, collaborateur de l’Allemagne après 1938 ; après l’indépendance, reprenant la tête de la confrérie.

Fils d’un dirigeant d’une confrérie religieuse de Tlemcen, la zaouïa des Benyelles, au cours d’un long voyage qui emmène sa famille s’installer en Syrie, Mustapha Ben Yelles retourne seul à Tlemcen en 1928-1929. En 1930, il part en France et adhèrerait à la CGTU.

De retour à Tlemcen en 1933, il milite au parti communiste ; il tente de monter avec des jeunes une troupe de théâtre amateur. Il aurait été ensuite envoyé par le PC, ce que rien ne confirme, suivre les cours de l’École d’Orient de Moscou. À son retour en Algérie en 1936, il serait chargé de publier des articles en langue arabe dans La lutte Sociale. Selon ses dires, il aurait pris ses distances en 1937 avec le parti communiste qui devient le PCA, à la suite d’un différend avec Amar Ouzegane* qui n’est pas encore le premier dirigeant algérien du parti.

En 1938, il repart en France où il est contacté par des militants du PPA, favorables à l’Allemagne de Hitler mais condamnés par Messali*, qui l’aident à gagner Berlin. À partir de 1940, Mustapha Benyelles dirige les émissions de radio La voix de Berlin à destination des pays arabes. En 1943, après les premières défaites de l’Allemagne hitlérienne, il est mobilisé dans les troupes allemandes. Après un stage dans une école militaire en Autriche, il est envoyé combattre dans les Balkans. Il est fait prisonnier par les alliés anglo-américains.

Interné dans un camp britannique près de Suez en Égypte, ayant noué des complicités sur place, il s’évade en 1946. Il entre alors en contact avec un autre tlemcénien du nom de Chafaï, installé au Caire et membre de l’organisation des Frères musulmans. Mustapha Benyelles dit adhérer à ce mouvement.

En 1947-1948, il participe à la première guerre de Palestine. Blessé, il est évacué vers la Syrie. Il revient à Tlemcen en 1950 et se retire de toute activité politique pendant ces années qui sont celles de la guerre de libération. Après l’indépendance, Mustapha Benyelles reprend à Tlemcen la zaouïa de son père ; il est devenu fonctionnaire du ministère des habous à Oran.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151614, notice BENYELLES Mustapha [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamrouche, version mise en ligne le 27 décembre 2013, dernière modification le 18 novembre 2020.

Par Amar Benamrouche

SOURCE  : Interview de l’intéressé par A. Taleb-Bendiab et notes d’O. Carlier.

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