BERCHER Louis dit J. PERA [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 17 août 1896 à Constantine, mort à Paris au printemps 1973 ; communiste dès 1920 à Alger, membre du groupe La Révolution prolétarienne à Paris ; médecin au long cours, toujours correspondant de La Révolution prolétarienne au Maroc et en France à Limoges.

Clichés fournis par Henri Bercher

Docteur en médecine de la Faculté d’Alger, -un des premiers médecins à pratiquer l’homéopathie-, Louis Bercher a pris le pseudonyme de Péra, faubourg d’Istanbul, en signant en 1924 des articles sur les Balkans dans la revue La Révolution prolétarienne.

Depuis Alger, à sa création en décembre 1920, il adhère au Parti communiste qui est la Section Française de l’Internationale communiste. Il se lie aux communistes d’Afrique du Nord qui défendent la position de l’Internationale communiste d’indépendance des colonies et soutiennent la lutte des peuples opprimés, notamment l’ingénieur Robert Louzon depuis Tunis. Il est donc tout à fait en rupture avec les socialistes coloniaux d’Algérie qui passent en nombre au PC tout en maintenant leurs idées assimilationnistes. Louis Bercher assiste en 1922 au congrès du parti communiste à Paris où il s’établit provisoirement.

Il fréquente alors le groupe syndicaliste autour de Pierre Monatte qu’il suit en 1924 quand il quitte le PC et se lie à la revue La Révolution prolétarienne dont il demeure un collaborateur, jusqu’à sa mort rédigeant même sa notice nécrologique sous le titre  : « Il vient de nous quitter le Péra. C’était un copain. » (n°de juillet-août 1973). C’est son milieu de relations amicales, de prises de positions anti-impérialistes sans cesse renouvelées et de correspondances.

Louis Bercher devient en effet médecin-naviguant -dans l’Océan indien le plus souvent-, pour la Compagnie des Messageries maritimes, puis après son renvoi à la suite de ses articles sur la répression en Indochine (1930), sur les bateaux de la Compagnie Transatlantique. Il écrit de nombreux articles et comptes rendus dans La Révolution prolétarienne en particulier sur l’Afrique du Nord.

Après la seconde guerre mondiale, il s’installe en famille au Maroc et devient médecin fonctionnaire du Protectorat ; il n’en prend pas moins position dans La Révolution prolétarienne en faveur de l’indépendance du Maroc et de l’Algérie tout en marquant son rejet de l’arabisme. Il rentre en France avant l’indépendance et exerce comme médecin scolaire à Limoges et à Montargis, reprenant dans ses articles un examen critique des doctrines socialistes et du marxisme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151618, notice BERCHER Louis dit J. PERA [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 28 décembre 2013, dernière modification le 8 septembre 2020.

Par René Gallissot

Clichés fournis par Henri Bercher

SOURCES  : Arch. Nat., France, Paris F7 131O7. — Arch. d’Outre-mer, Aix-en-Provence, SOM 61 et 62. — Notice par Colette Chambelland, DBMOF, op. cit., t. 38. — Notice plus développée au nom de PERA J. dans le volume Maroc, du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier  : Maghreb, éditions de l’Atelier, Paris, 1998.

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