BOUALI Taleb [Dictionnaire Algérie]

Par Abderahim Taleb-Bendiab et René Gallissot

Né le 10 février 1916 à la Ferme près d’Orléansville (Chlef), tué au combat en juillet 1957 ; un des secrétaires des Jeunesses communistes après la création du PCA en 1936, secrétaire à partir de 1943, de l’Union démocratique des Jeunes ; membre du Comité central du PCA, ayant rejoint l’ALN en juin 1956, officier à l’état-major de la wilaya 4.

Né dans une famille extrêmement pauvre, totalement illettré, Tayeb Bouali part à treize ans à Alger où il devient apprenti plombier. Le métier lui est enseigné par un ouvrier allemand « antifasciste » établi en Algérie. Dans des cours du soir, avec l’aide de ses camarades de travail, Taleb Bouali apprend opiniâtrement à lire et à écrire en français ; il consacre son temps libre à la lecture de livres politiques que lui fournissait l’ouvrier allemand.

En 1934, il adhère aux Jeunesses communistes et, en 1936, à la transformation de la Région communiste, il entre au PCA qui lui confie le travail d’éducation parmi la jeunesse ; il est un des secrétaires des Jeunesses communistes à Alger. Après l’interdiction du PCA en 1939, il passe à la clandestinité. Arrêté en 1940, il est déporté dans un camp du sud oranais.

Libéré dans le courant de 1943, il reprend ses activités au Parti communiste et à la direction des Jeunesses. En mars 1946, Taleb Bouali, qui est un des secrétaires de l’organisation du parti à Alger, devient membre du Comité central du PCA. Pour des raisons économiques, il reprend son travail de plombier en 1950 ; en 1951, il devient secrétaire du syndicat des travailleurs du bâtiment. En 1955, il est secrétaire général de l’Union algérienne CGT du bâtiment, des travaux publics et du bois.

En août 1954, il s’active à l’aide aux sinistrés du tremblement de terre d’Orléansville (El Asnam). En 1955, dans cette région d’Orléansville, qui est sa région natale, il participe à la mise en place du maquis communiste des « Combattants de la Libération » ; après l’accord FLN-PCA de juin 1956 de ralliement individuel des communistes, il rejoint l’ALN et devient membre de l’état-major de la 3e zone de la 4e région (wilaya IV), qui lui confie les services des renseignements et communications, en fait l’armement. Un peu plus tard, il est transféré dans la 2e zone de la même région. Taleb Bouali est mort au combat en juillet 1957 dans un accrochage avec les troupes coloniales.

Pour le PCA, Taleb Bouhali représente un exemple de couple mixte, mais rarement présenté comme tel, sauf par la partie progressiste juive de la famille de sa femme, Gilberte Chemouilli*, qui est militante communiste et défend l’idée d’une nation algérienne pluraliste jusqu’à apporter son aide à la lutte de libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151660, notice BOUALI Taleb [Dictionnaire Algérie] par Abderahim Taleb-Bendiab et René Gallissot, version mise en ligne le 29 décembre 2013, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Abderahim Taleb-Bendiab et René Gallissot

SOURCES  : Saout Echaab, organe central du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS-communiste), n° 93, 15 octobre 1979. — H. Chemouilli, "Ma cousine Gilberte", revue L’Arche, n° 111, Paris, 1966. — Arch. Nat. France Outre-mer, Aix-en-Provence, ALG, 91 3 F/66, notes de Louis Botella.

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