BOUAYAD Hamida [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamrouche

Né en 1916, mort en 1981 à Tlemcen ; responsable CGT et PCA dans cette ville, un temps émigré dans le Nord de la France.

Artisan en broderie, Hamida Bouayad, du fait de la crise de l’artisanat, va s’installer à Oran au début des années 1930. Il ouvre une boutique de broderie à la rue Philippe près de la place du Théâtre. Pour l’avoir remarqué dans une manifestation contre la conscription devant la caserne militaire située dans la « Ville nouvelle », Kaddour Belkaïm* le fait adhérer aux Jeunesses communistes et à l’association des Amis de l’Union soviétique. Il fréquente les cercles, notamment sportifs, animés par les syndicalistes communistes.

La crise lui fait abandonner sa boutique à Oran ; il retourne à Tlemcen et participe aux activités impulsées par les communistes, tant sportives que musicales, en particulier à la chorale de l’instituteur Roger Bellissant*. Avec les frères Badsi* et bien d’autres, tout en conservant des liens avec l’Étoile nord-africaine relancée par Messali*, l’enfant du pays, le mouvement communiste est fort à Tlemcen.

Les grèves et les manifestations se multiplient chez les ouvriers boulangers, aux minoteries, dans le bâtiment ; à l’occasion de la braderie de 1933, c’est l’affrontement en ville avec la police. Le mouvement gagne dans les campagnes proches. Selon Hamida Bouayad, Tlemcen compte en 1935-1936 une centaine de militants communistes actifs, peut-être la plus forte proportion de communistes algériens de la Région Algérie ; les Européens adhèrent plus facilement au parti socialiste SFIO. L’influence communiste du PCA à partir de la transformation de 1936 gagne encore en importance avec la poussée conjointe du Front populaire et du Congrès musulman en 1936-1937. Au comité de section de Tlemcen, se retrouvent Mohammad Badsi* et l’architecte Abderrahmane Bouchama*.

L’action communiste, à laquelle contribue Hamida Bouayad, s’étend encore après 1943 par l’organisation des petits paysans animée par Tahar Ghomri* et les frères Berrahou*. Mais toujours en difficulté, H. Bouayad devient éboueur, ouvrier municipal ; il est alors responsable de la section syndicale CGT.

Puis en 1951, il tente sa chance en émigrant en France ; dans le Nord à Roubaix, il participe à l’organisation des ouvriers nord-africains. En 1953, il retourne à Tlemcen où il continue à militer dans les rangs des syndicats et au PCA. Après l’indépendance, il devient concierge dans une école primaire de la ville et anime une société de musique andalouse. Il meurt à Tlemcen en 1981.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151663, notice BOUAYAD Hamida [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamrouche, version mise en ligne le 29 décembre 2013, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Amar Benamrouche

SOURCE  : Interview de Hamida Bouayad par A. Taleb-Bendiab et notes sur le communisme à Tlemcen.

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