BOUBAKEUR Hamza [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 15 juin 1957 à Géryville (El Bayad) ; docteur en médecine ; le recteur de la mosquée de Paris durant la guerre d’indépendance et après ; pour avoir été socialiste SFIO.

Dans la transition de pouvoir à Alger, du général Giraud au général De Gaulle qui installe le gouvernement provisoire de la France libre à Alger, la direction des Affaires indigènes du Gouvernement général qui a pris le nom de direction des Affaires musulmanes, cherche des appuis pour contrecarrer la montée en puissance des Amis du Manifeste de la liberté qui, laissant Ferhat Abbas en retrait, deviennent un mouvement de masses par la mobilisation active des partisans de Messali* se réclamant du PPA interdit. Si Hamza Boubakeur prend du service.

Au Manifeste de la liberté et aux partisans de Messali, le PCA sous l’impulsion d’Amar Ouzegane* en accord avec Étienne Fajon*, représentant du PCF, oppose le mouvement des Amis de la démocratie qui entendent reprendre l’alliance du Front populaire et du Congrès musulman de 1936, pour relancer un front algérien rassemblant "Européens, Juifs et Musulmans".

Né dans une famille confrérique qui se réfère à Abou Bakr, le premier calife, docteur et professeur de médecine, Hamza Boubakeur apparaît dans la vie politique en prenant place aux Amis de la démocratie. En 1945-1946, il se montre ainsi proche des communistes ; il devient et restera une sorte de porte-parole ou de recours d’un Islam officiel pour faire figure face aux messalistes et à l’Association des Oulémas. Le Gouverneur général, le socialiste Yves Chataigneau* apporte son soutien. Selon les informations recueillies auprès de Kaddout Khobzi* par Jean-Louis Planche, le docteur Boubakeur, par ailleurs franc-maçon, donne alors son adhésion au parti socialiste SFIO. Le mouvement des Amis de la démocratie entre en déperdition avec les affrontements idéologiques de guerre froide.

On comprend qu’en 1957, à la recherche d’une figure "musulmane" pour être recteur de la mosquée de Paris, le socialiste Guy Mollet, chef du gouvernement français et qui était secrétaire général de la SFIO, fasse appel à Hamza Boubakeur. Après le retour du général De Gaulle au pouvoir à la suite du coup de force colonial du 13 mai 1958, Hamza Boubakeur est ensuite élu le 30 novembre 1958 à l‘Assemblée nationale française, député du département Oasis (sud algérien).

D’abord non inscrit, il se déclare en 1960 apparenté au groupe socialiste ; il a été désigné comme sénateur de la Communauté. Évidemment ses mandats prennent fin à l’indépendance de l’Algérie le 3 juillet 1962. Son fils, Dalil Boubakeur sera lui aussi nommé recteur de la mosquée de Paris en 1992 ; il deviendra en 2003 président du Conseil français du culte musulman.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151666, notice BOUBAKEUR Hamza [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 29 décembre 2013, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par René Gallissot

SOURCE  : Parcours, op.cit., n° 8, 1987.

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