SIMON Jean, Guillaume, Marie

Par Gilles Pichavant

Né le 9 octobre 1924 à Audierne (Finistère), fusillé le 21 avril 1944 sur les dunes de Poulguen en Penmarc’h (Finistère) ; résistant, membre de l’Organisation spéciale (OS), FTPF.

Jean SIMON
Jean SIMON
Militant FTPF du Finistère, fusillé

Jean Simon était l’aîné d’une famille de trois enfants qui habitait 10 rue Ernest-Renan à Audierne. Comme tous les enfants de son âge, il fréquenta l’école du Stum, à Audierne (actuellement l’école Pierre-Le-Lec) où il obtint son certificat d’études primaires en juin 1937.
Domicilié chez sa mère, il travaillait à la Coopérative d’Audierne lorsqu’il fut contacté par Yves Le Meur, un ancien camarade d’école, responsable local des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il entra dans la Résistance le 10 juin 1942. Il devint agent de liaison des FTPF, puis l’adjoint d’Yves Le Meur, avec lequel il prépara et réalisa d’un certain nombre d’opérations pour la Résistance : enlèvement de titres d’alimentation dans les mairies de Plouhinec, Esquibien, Primelin, Cléden, Goulien, etc., opérations punitives chez des collaborateurs, récupération de fonds pour faire vivre les réfractaires et maquisards, sabotages.
La plus spectaculaire de ces actions, celle qui frappa le plus l’opinion, lui donnant davantage confiance en la Résistance par son audace, fut réalisée à la porte de l’Hôtel-de-France, occupé par les officiers allemands. Les FTPF avaient besoin de chaussures pour ses membres, et leurs familles, celles des résistants arrêtés ou déportés, les illégaux. Un cordonnier d’Audierne, condamné unanimement par la Résistance pour son comportement envers l’occupant, avait reçu un lot de sept colis de chaussures, et des rouleaux de cuir neuf. En son absence, ils furent entreposés dans un magasin de vêtements attenant à l’Hôtel-de-France. Début novembre 1943, à 19 heures, armés seulement de deux 7,65 mn, Jean Simon et huit résistants FTPF sortirent un par un les colis sur le trottoir et les firent disparaître, le temps que la sentinelle allemande, qui faisait des allers-et-retours devant l’hôtel, tournait le dos. Tandis que les deux camarades armés demeuraient sur place, quelques minutes supplémentaires, à tenir en respect les propriétaires du magasin et leur fille, ficelés et bâillonnés, auxquels ils ne voulaient aucun mal, ils transportèrent les colis à dos d’homme pour gagner une ferme, à Trolouan, en empruntant les petites ruelles de la ville.
Le 4 août 1943, Jean Simon s’engagea d’avantage en quittant son emploi pour entrer au maquis en tant que lieutenant. Son chef, Yves Le Meur ayant été appelé à remplacer le responsable départemental des FTPF, muté dans une autre région, il prit la direction des FTPF du Sud-Finistère, de Châteaulin à Quimperlé. Un médecin de Quimper lui fit un certificat de complaisance, qui le déclarait atteint de tuberculose, ce qui lui permit de quitter son travail, et de justifier qu’il restait à domicile. Le directeur de l’usine étant dans la confidence.
Il fit partie du bataillon de la Tour d’Auvergne du 1er janvier au 15 février 1944, date à laquelle il fut arrêté par la Gestapo à la suite d’une dénonciation, alors qu’il devait rejoindre, à Châteaulin, le Bataillon Stalingrad, où il venait d’être affecté. Interné pendant deux mois à la prison de Mesgloaguen (section allemande), il fut transféré à la prison Saint-Charles de Quimper (Finistère), et fusillé à Penmarc’h le 21 avril 1944, ainsi que vingt-trois autres compagnons, dont Manu Brusq, et le docteur Nicolas, de Concarneau.
« Mort pour la France », il fut élevé au grade de lieutenant à titre posthume par le capitaine du Bataillon Stalingrad qui motiva sa promotion comme suit : « D’un esprit de sacrifice très élevé, d’une méconnaissance totale du danger, a été l’âme des principales actions armées de fin 42, début 44 dans la région de Quimper, actions particulièrement audacieuses. » À titre posthume, on lui décerna également la Médaille militaire et la Médaille de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151671, notice SIMON Jean, Guillaume, Marie par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 5 janvier 2014, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Gilles Pichavant

Jean SIMON
Jean SIMON
Militant FTPF du Finistère, fusillé

SOURCES : Jean-Jacques Doaré et Alain Le Berre, Pointe de Cornouaille, 1940-1944, chronique d’une région maritime bretonne durant la seconde guerre mondiale, 2006. – An disonj ne ket bezo ho eil sebeil, L’oubli ne sera pas leur second linceul, de Mme Yvonne Bouer-Trividic. – Archives d’Yves Le Meur. — Arch Mun. Quimper, archives Alain Le Grand.

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