BOUDJEROUDI Saïd [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né en août 1916 à Mirabeau (Draâ ben Khedda), participant à Alger à la tentative de Parti Nationaliste Révolutionnaire en 1932-1933, militant ensuite au groupe de la Casbah de l’ENA au PPA et MTLD ; commerçant grossiste et transporteur, organisateur de syndicats de commerçants ; adjoint au maire d’Alger Jacques Chevallier ; fidèle de Messali, incarcéré en 1954 ; établi en France après l’indépendance.

Ayant grandi dans une famille qui fait du maraîchage pour vendre sur Alger, Saïd Boudjeroudi fait des études en français poursuivies en primaire supérieur(brevet) ; il devient clerc d’avoué puis de notaire à Alger. Selon son témoignage recueilli en 1976, il aurait participé en 1932 à la tentative de mise en place d’un Parti nationaliste révolutionnaire (PNR) par le responsable communiste Boualem (Sid-Ahmed Belarbi*). Comme d’autres jeunes militants, après la déperdition du PNR, il passe du mouvement communiste à la formation d’un groupe de l’Étoile Nord Africaine que Messali reconstitue en 1933 à Paris en dehors du Parti communiste et décide d’implanter dans les villes algériennes (sur cette rivalité voir au nom de Mohamed Marouf*). Ce sera le groupe de la BasseCasbah d’Alger qui aura plus tard des liens avec le groupe des Jeunes de la Casbah.

Après guerre, Saïd Boudjeroudi est devenu marchand de légumes en gros ; il est aussi propriétaire d’une entreprise de transports. Pour le PPA-MTLD, il est à l’origine des premiers syndicats de commerçants qui servent d’appui au parti nationaliste ; en 1947, il dirige la Fédération des marchands de légumes d’Alger. En octobre 1946, il a été candidat du MTLD aux élections à Alger. À partir de 1947 et jusqu’en 1953, dans la municipalité dirigée par Jacques Chevallier à laquelle collabore une fraction d’élus du MTLD, il est adjoint au maire d’Alger.

Il accompagne le cercueil d’Émilie Busquant*, « Madame Messali* », le 7 octobre 1953 à Marseille. Dans la crise du MTLD, il reste fidèle à Messali et se retrouve au CNR désigné par le Congrès d’Hornu en 1954. Comme les principaux partisans de Messali fichés par la police, il est arrêté après le 1er novembre 1954 et incarcéré à la prison Barberousse d’Alger. Libéré en 1960, il reste assigné à résidence à Alger. Après l’indépendance, il part en France et s’installe à Montélimar.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151707, notice BOUDJEROUDI Saïd [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 30 décembre 2013, dernière modification le 30 décembre 2013.

Par René Gallissot

SOURCES  : Témoignage recueilli par J—L. Planche en 1976. — Arch. d’Outre-mer, Aix-en-Provence, 9 H 51. — B. Stora, Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens, op.cit. — O. Carlier, Entre nation et Jihad, op.cit.

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