BOUROUIBA Hassen [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamrouche et René Gallissot

Né à Alger le 15 février 1913, mort à l’hôpital d’Aïn-Taya le 14 septembre 1987 ; aîné des frères Bourouiba, instituteur, syndiqué au SNI, adhérent de l’UDMA puis membre de son Comité central ; ayant rejoint le FLN et contribuant à la fondation de l’UGTA en février 1956 en obtenant des locaux pour son siège ; détenu de camp en campde mai 1956 à 1960, expulsé sur la France ; revenant en Algérie à l’indépendance pour être inspecteur primaire et diriger ensuite l’Office du baccalauréat.

Après des études primaires et secondaires à Bougie (Bejaïa), El Kseur, Sétif au gré des affectations de son père cheminot, Hassen Bourouiba entre à 17 ans à l’École normale d’instituteurs de Bouzaréah et devient instituteur à Beni-Mansour en Kabylie puis à Loverdo près de Médéa, en Kabylie à nouveau à El Maten, avant d’être nommé à Alger après 1945. Il est membre du SNI dominé par les instituteurs français socialistes et agité par les communistes. Il est éveillé aux idées politiques à la montée du Front populaire, par les prises de position de Messali à partir de 1936, et par les renversements de la 2e guerre mondiale. Il lui faut concilier son républicanisme àla française et ses espoirs d’évolution algérienne.

Les vicissitudes subies par le PPA-MTLD et ses relations le poussent en 1948 à adhèrer à l’Union démocratique pour le Manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas. Il y dirige une section de jeunes. Il collabore ensuite à la rédaction de La République algérienne journal de Ferhat Abbas, sous le pseudonyme d’Abou-El-Hassane et se retrouve membre du Comité central de l’UDMA.

En novembre 1954, il est enseignant à l’école de la rue Médée à la Casbah près de la rue Randon et pas très loin du siège de l’UDMA qui abrite le cercle Chérif Saâdane sur la Place Lavigerie à côté de l’archevéché. Au début de la guerre, il rejoint le FLN en militant de quartier. Non seulement il aide son frère Boualem à la création de l’UGTA en février 1956 et travaille à l’implantation parmi les enseignants, mais c’est lui qui permet l’installation du siège et du secrétariat dans les locaux du cercle Cherif Saâdane prêté par l’UDMA qui a rallié le FLN. Il faitpartie du comité de rédaction de L’ouvrier algérien, l’organe de l’UGTA.

Cette activité lui vaut d’être arrêté avec son frère Boualem, dans la première rafle de syndicalistes de la nouvelle centrale dans la nuit du 23 au 24 mai 1956 qui inaugure l’application de la loi sur les pouvoirs spéciaux en Algérie votée en mars 1956, députés communistes compris. Il est envoyé successivement au camp de Saint-Leu (Bethioua) près d’Arzew, pour briser une grève de la faim transféré sur Aflou dans le Sud oranais, puis ramené à Arcole (Bir-el-Djir) près d’Oran avant de partir au camp de Bossuet (Dhaya) où il retrouve ses frères et leur beau-frère Ahmed Djillali*. Étant instituteur citoyen français de plein droit, il est en 1960 amené du camp de Lodi au camp de Douéra près d’Alger qui rassemble « les Européens » et expulsé vers la France. Assigné à résidence à Châlons-sur-Marne, il enseigne dans une petite école jusqu’à l’indépendance.

Suite à une plainte auprès du BIT (Bureau international du travail) de la CISL (Confédération internationale des syndicats libres) et à la demande de cette organisation, Robert Bothereau, secrétaire général de la CGT-FO fit une intervention en juin 1961 auprès du Premier ministre du gouvernement français afin de faire cesser toutes les contraintes judiciaires à son encontre.

En 1962, il rentre à Alger et participe à la reconstruction de l’UGTA et plus particulièrement à celle du syndicat des enseignants. Il prend une grande part à la rentrée de novembre 1962 avant de servir à l’Inspection primaire et de diriger l’Office du bac. Retraité, il meurt à 75 ans après une longue hospitalisation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article151727, notice BOUROUIBA Hassen [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamrouche et René Gallissot, version mise en ligne le 30 décembre 2013, dernière modification le 30 décembre 2013.

Par Amar Benamrouche et René Gallissot

SOURCES  : M. Farès, Aïssat Idir, op.cit. — B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens, op.cit. — Correspondances de B. Bourouiba avec les auteurs. — Arch. Nat. France Outre-mer, Aix-en-Provence, FM (Fonds ministériels) 81 F/793, notes de Louis Botella.

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