PERRET Lucien, Romain, Honoré

Par Josette Ueberschlag

Né le 10 juillet 1923 à Eygalières (Bouches-du-Rhône) ; instituteur public, puis professeur certifié de mathématiques ; militant syndicaliste École émancipée du SNI, du SNES, militant pédagogique de l’ICEM. 

Lucien Perret lors de la rencontre mathématique (ICEM) à Saint-Rémy-sur-Creuse, du 1er au 12 août 1972
Lucien Perret lors de la rencontre mathématique (ICEM) à Saint-Rémy-sur-Creuse, du 1er au 12 août 1972
De gauche à droite : 1er rang, Bernard Monthubert, Claude Maurice, Marc Emptaz qui tient l’ardoise, Lucien Perret, Jacky Varenne, Renée Coquard assise.
2e rang, Jeanne Monthubert avec Bertrand âgé de 2 ans, Roselyne Blanc, Anne-Marie Maurice, Monique Garcia, Éliane Emptaz, Josette Pomès, Josette Perret, femme de Lucien Perret. En haut, Eliane Hérinx et son mari Georges en retrait derrière elle, Jean-Claude Pomès, Lalle, Jo Garcia, Maryse Varenne, Jean Dupont, Mercédès Lalle et Jean-Paul Blanc.

Fils de Joseph, Félix, Désiré, Louis Perret (1896-1964) et de Marie, Jeanne, Émilie Galtier née en 1898, sans profession, Lucien Perret était l’unique enfant d’une famille éprouvée par la guerre 1914-1918. Son père, blessé en 1916 et 1917, fut reconnu invalide à 100 %. Son infirmité permanente le contraignit à abandonner le métier d’agriculteur pour être gardien d’immeuble. La famille était installée à Avignon (Vaucluse) à la naissance de Lucien Perret.

Admis à l’École normale d’instituteurs d’Avignon à la rentrée 1941, il effectua sa scolarité d’élève-maître au lycée Frédéric Mistral d’Avignon, avec son ami d’enfance Pierre Nicolas. Comme tous ses camarades de classe, incorporés par vagues successives dans les Chantiers de Jeunesse, il y séjourna du 16 juillet 1943 au 6 mars 1944, soumis à un entrainement paramilitaire. Une fois libéré, il s’engagea dans la Résistance, en commençant par aller récupérer un tampon aux Pilles (Drôme), distant de 75 km d’Avignon, pour de fausses cartes d’identité procurées aux jeunes gens voulant échapper au STO. Il entra ensuite dans un maquis du réseau ALIBI, participa à des actions armées avec les Forces françaises combattantes (FFC).

Lucien Perret ne reprit ses études qu’après avoir rempli ses obligations militaires dans l’armée de l’Air, du 23 février au 26 août 1945. À la rentrée de cette année, les élèves-maîtres purent de nouveau être accueillis à l’École normale d’Avignon. La classe de formation professionnelle regroupant en régime d’internat tous ceux dont la scolarité avait été interrompue par la guerre, était pléthorique. Afin d’alléger l’effectif, de manière passagère, des stages d’éducation physique furent organisés au CREPS d’Aix-en-Provence, moment fort apprécié par les étudiants.

Le premier poste d’instituteur de Lucien Perret, à la rentrée 1946, se situait à Valréas, puis il obtint successivement Gordes, Piolenc, se rapprochant petit à petit de Mondragon, son vœu initial. Ce ne fut qu’en 1949 qu’il fut satisfait, afin de travailler avec son collègue et ami, Pierre Nicolas. Sa future épouse, Josette Robert (1922-2018) avait réussi à s’y faire nommer un an avant lui. Ils se marièrent le 23 juillet 1949 à Villeneuve-lès-Avignon (Gard), et eurent un fils Marc (1953-2014), futur docteur en sciences physiques, et une fille Anne (1950) qui devint enseignante, avant de se reconvertir en directrice de gestion dans l’immobilier.

Lucien Perret, dès sa première année d’enseignement, transforma la vie de sa classe avec les techniques Freinet : texte libre, journal scolaire imprimé, correspondance scolaire, organisation coopérative, etc. Il participa également à l’animation de la Fédération des œuvres laïques du Vaucluse, prit la tête du mouvement ajiste, fit participer ses élèves aux compétitions USEP et aux rencontres annuelles de l’OCCE. Son adhésion au mouvement de l’École moderne avait pris corps le jour où, encore élève-maître, il avait rencontré Freinet lors de la causerie organisée à Avignon en février 1946 par les « Amis de l’École émancipée » du Syndicat national des instituteurs.

À sa sortie de l’École normale, il s’était en effet syndiqué au SNI et avait adhéré aux « Amis de l’École émancipée ». Il fut élu en 1951 au conseil syndical de la section départementale du Vaucluse. À la demande du syndicat, fin 1953, pour protester contre la politique anti-laïque du gouvernement, il suivit le mot d’ordre de démission collective. Réélu en janvier, il ne put terminer son mandat, puisqu’en 1956 il quitta l’enseignement du premier degré pour enseigner dans le second. En effet, Lucien Perret avait repris des études de mathématiques en faculté à Marseille, son épouse faisant de même en sciences naturelles et mathématiques. Ainsi, en 1956, après avoir obtenu une licence de mathématiques, Lucien Perret rejoignit le lycée Benoît de l’Isle-sur-la-Sorgue en tant que professeur certifié, et adhéra au Syndicat national de l’enseignement secondaire (FEN). Il aurait préféré un poste à Avignon, son épouse y étant nommée comme maîtresse de CEG en sciences (future PEGC section IV après la rentrée 1969). Ce fut chose faite trois ans plus tard, car il obtint sa nomination au lycée technique « Le petit Palais » au centre-ville d’Avignon, qui fut transféré dans des locaux neufs d’une cité scolaire en périphérie et dénommé Philippe de Girard. Militant assidu du groupe départemental de l’École émancipée, il fut élu après le mouvement de mai-juin 1968 à la CA départementale de la FEN sur la liste présentée par le GD de l’EE, se distinguant des candidatures des militants exclus de l’EE, qui constituèrent une nouvelle tendance dans la FEN : École émancipée, Front unique ouvrier (EE-FUO).

Devenu professeur, il n’avait pas mis un terme à sa participation aux réunions du groupe vauclusien de l’École moderne, composé essentiellement d’instituteurs. « Lulu », comme on le surnommait, assistait régulièrement aux congrès annuels et fut un des organisateurs de celui d’Avignon en 1960. Il était un des piliers de la commission mathématique 1er degré, qui se réunissait tous les ans durant les grandes vacances, comme à Saint-Rémy-sur-Creuse (Vienne) en 1972.

Il fit valoir ses droits à la retraite en 1983.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152008, notice PERRET Lucien, Romain, Honoré par Josette Ueberschlag, version mise en ligne le 6 janvier 2014, dernière modification le 29 avril 2021.

Par Josette Ueberschlag

Lucien Perret lors de la rencontre mathématique (ICEM) à Saint-Rémy-sur-Creuse, du 1er au 12 août 1972
Lucien Perret lors de la rencontre mathématique (ICEM) à Saint-Rémy-sur-Creuse, du 1er au 12 août 1972
De gauche à droite : 1er rang, Bernard Monthubert, Claude Maurice, Marc Emptaz qui tient l’ardoise, Lucien Perret, Jacky Varenne, Renée Coquard assise.
2e rang, Jeanne Monthubert avec Bertrand âgé de 2 ans, Roselyne Blanc, Anne-Marie Maurice, Monique Garcia, Éliane Emptaz, Josette Pomès, Josette Perret, femme de Lucien Perret. En haut, Eliane Hérinx et son mari Georges en retrait derrière elle, Jean-Claude Pomès, Lalle, Jo Garcia, Maryse Varenne, Jean Dupont, Mercédès Lalle et Jean-Paul Blanc.

ŒUVRE : « Les mouvements de jeunesse » co-écrit avec Pierre Nicolas, L’École Émancipée, n°14, 19 mars 1955, p. 164-165. — Plusieurs articles dans L’Éducateur dont « Plaidoyer pour les maths modernes », n°4 (1er degré), janvier 1970. — Cinq articles dans Bibliothèque de Travail (BT) dont « Observe le ciel », n°311, 1955, Cannes, éd. Imprimerie à l’école ; un dans Bibliothèque de travail second degré (BT2) avec Bernard Thireau, « Pour la sauvegarde de la nature et des hommes », n°35, 1972, éd. ICEM. — Co-auteur d’une BTson, « En Camargue » (interview d’un gardian de la manade Fanfonne Guillerme), n°837, janv. 1969, Cannes, CEL.

SOURCES : Arch. mun. Mondragon. — État-civil d’Eygalières (Bouches-du-Rhône). — Fiche matricule n°43 840 13606. — Bulletin syndical L’école vauclusienne, l’Ecole libératrice. — Articles cité dans Œuvre. — Renseignements fournis par sa fille Anne. — Notes de Jacques Girault.

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