PERRIER Charles, Joseph

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 11 juillet 1902 à Bourg-en-Bresse (Ain), mort le 3 décembre 1996 à Fontanil-Cornillon (Isère) ; professeur ; militant du SNEPS, du SNCM et du SNES.

Charles PERRIER
Charles PERRIER

Fils de Benoît, Jean-Louis Perrier et d’Augustine, Mathilde [Angèle] Dubois, instituteurs, Charles Perrier entra à l’École normale d’instituteurs de Lyon (Rhône) en 1918. Il obtint un certificat de gymnastique élémentaire. Nommé instituteur à Serverin dans la colonie scolaire de la ville de Lyon en 1921, il obtint un poste à Villeurbanne en 1923 puis fut nommé à Lyon (école, rue Pasteur en 1925). Il partit au service militaire de novembre 1925 à mai 1926, puis reprit son travail en 1926 à l’école de la rue de l’Université.

Il mena de front des études supérieures, et obtint à la faculté des lettres de Lyon une licence ès lettres (1924, trois certificats, histoire moderne et contemporaine) complétée par un certificat de pédagogie en 1927. Pour pouvoir prétendre à un emploi de professeur, il passa le baccalauréat (1926). En janvier 1935, il écrivit un article dans le Bulletin de la Société archéologique des naturalistes et archéologues de l’Ain : « L’habitation rurale dans le département de l’Ain ».

Il se maria, en juillet 1928 dans l’Ain avec une institutrice,Francine Garin, qui enseigna à partir de novembre 1941 à l’école maternelle La Capuche à Grenoble (Isère), et devint directrice de l’école maternelle de la rue Diderot, à la fin des années 1940.

Le couple eut une fille et un fils. Simone, née en 1931, devint professeure certifiée de sciences et techniques économiques et docteure en droit, enseignante à l’IUT rattachée à Paris V, spécialiste du droit ouvrier, et épousa René Ballet, journaliste et écrivain, tous deux militants communistes. Jean-Louis fut le premier à franchir les Alpes en planeur en 1955 avec son collègue Jean Poncet, et devint pilote de ligne à Air France.

Charles Perrier fut instituteur délégué à l’école primaire supérieure de Belley (Ain) en 1927. Titularisé trois ans plus tard, il fut nommé professeur d’histoire-géographie en octobre 1934 à l’EPS de Grenoble, qui devint collège moderne en 1943. En 1946, il fut désigné comme chef d’équipe des classes de 5e nouvelles. Ce collège devint lycée municipal où il prit sa retraite en 1964.

Militant du Syndicat national des fonctionnaires des écoles primaires supérieures et professionnelles de France et des colonies dans l’Ain, Charles Perrier était surveillé par son administration pour son attitude de « rébellion », terme employé en 1932 pour l’inspecteur d’académie. En 1933, lors de la grève des examens du certificat d’études primaire, il refusa son concours à l’administration et à l’inspecteur, ce qui lui valut un rapport négatif de l’inspection primaire quand il demanda à pouvoir suivre les cours de préparation de l’inspection primaire en 1933.

Au congrès national du SNEPS de Pâques 1934, il représenta son département et s’interrogea pour savoir si la commission administrative nationale avait bien été unanime pour appeler à la grève du 12 février 1934, à laquelle il avait participé. À partir de la rentrée suivante, il devint l’adjoint d’Albert Perceval pour diriger la section départementale de l’Isère, le trésorier étant Riboud, professeur à Vizille puis à Grenoble. À la même époque, il fit la connaissance d’Henri Bordas, professeur au lycée Champollion de Grenoble ; à sa demande, il accepta d’être trésorier du Comité antifasciste et du cercle Peuple et culture. Et il travailla au cours privé mis en place par Bordas à Grenoble.

Charles Perrier continua à militer après la Libération au nouveau Syndicat national des collèges modernes dont il fut secrétaire de la section (S1) de son collège et de la section départementale (S2) avec pour adjointe Mme Goudet, professeur à Grenoble. En 1948, le S2 vota majoritairement pour l’adhésion à la CGT-FO, et le bureau se retira après le passage de la Fédération de l’Éducation nationale à l’autonomie. Mlle Grandmontagne, professeur à Vienne, devint alors secrétaire du S2. Charles Perrier, se reconnaissant dans le courant « autonome », milita ensuite dans son S1 du nouveau SNES (classique et moderne) créé en 1949 et comme membre de la commission administrative de la section académique dirigée par son ami et camarade Perceval.

Il participait aux activités pédagogiques nouvelles et, en 1955, assurait gratuitement chaque semaine une séance de construction de modèles réduits d’avion et, à partir de 1957, jouait un rôle actif dans le ciné-club du lycée. En 1955 et 1956, suivant la consigne syndicale, il refusa de remplir sa fiche de notation annuelle car ses notes administrative et pédagogique ne lui avaient pas été communiquées.

Adhérent de l’association France-URSS, il fut accompagnateur de voyages en Union soviétique, le dernier ayant eu lieu en 1969. Après sa retraite, il fut responsable de la section académique des retraités du SNES dans les années 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152011, notice PERRIER Charles, Joseph par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 6 janvier 2014, dernière modification le 17 juillet 2020.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Charles PERRIER
Charles PERRIER

SOURCES : Arch. Nat., F17 28358. — Arch. IRHSES (Bulletins du SNEPS et du SNCM, L’Université syndicaliste, note écrite de l’intéressé datant du début des années 1990). — Renseignements fournis par sa fille.

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