PERRIN Jean, Charles, Lucien

Par Alain Prigent, François Prigent

Né le 1er août 1928 à Gérardmer (Vosges), mort le 9 juillet 2003 à Sarzeau (Morbihan) ; instituteur ; militant syndicaliste du SNI, secrétaire départemental du du Finistère (1962-1967) ; membre du bureau national ; conseiller municipal SFIO (1965-1983) puis premier adjoint PS (1983-1995) d’Audierne.

Jean Perrin était le fils de Jean, Baptiste, Aimé Perrin, cafetier à Gérardmer, et de Juliette, Marie, Joséphine Étienne, ménagère. Il aurait été déporté à seize ans. Il cessa en effet ses responsabilités syndicales dans le Finistère pour être soigné dans un sanatorium, en raison des traces physiques que sa déportation précoce avait laissées. Cependant son nom n’apparaît pas dans le Mémorial de la déportation.

Alors qu’il était élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Mirecourt (Vosges), le 27 décembre 1949, Jean Perrin se maria à Gérardmer avec Marie, Marguerite Baltès, institutrice à Audierne, domiciliée à Penmarc’h. Au début des années 1950, il obtint un poste dans le sud du Finistère à l’école de la Montagne à Audierne, qu’il conserva pendant toute sa carrière.

Après avoir siégé au conseil syndical depuis 1957, il fut secrétaire de la section départementale du Syndicat national des instituteurs entre 1962 et 1967. Il prit le relais à la tête du syndicat d’autres responsables syndicaux, par ailleurs membres comme lui de la SFIO, à savoir Alfred Couic (1937-1940, 1952-1957, 1959-1962), Jean Le Pemp (1944-1952) et Ernest Le Vern (1957-1959). Lors de la séance du conseil national du SNI, le 12 avril 1962, il fut assesseur durant la deuxième séance. Le conseil national du SNI, le 9 décembre 1963, le désigna comme membre suppléant de la commission nationale des conflits. Il signa le texte pour les candidats au bureau national de la liste « Pour un syndicalisme indépendant, réaliste et constructif » à la fin de 1963.

Il fut élu au bureau national du SNI en décembre 1965 en huitième position sur la « Liste de la majorité nationale. Pour un SNI puissant au service de tous dans l’unité, l’indépendance et la démocratie » et participa à la commission sociale. De 1964 à 1967, il fut suppléant à la commission administrative fédérale de la Fédération de l’Éducation nationale pour la majorité « autonome ». Affaibli depuis son retour de déportation, il fut admis à partir de 1966 au sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse). Son départ contribua à affaiblir la direction autonome de la section. Son successeur Jean Ollivier, trésorier de la section, rejoignit par la suite le Syndicat national des collèges.

Lors du congrès national du SNI à Strasbourg, Jean Perrin intervint le 7 juillet 1960, dans la discussion du rapport de Clément Durand sur « les formes et les conditions actuelles de la pénétration cléricale. Les perspectives de l’action laïque et de l’action anticléricale ». Il approuvait la motion déposée mais regrettait que l’action du SNI ne soit pas menée avec « le concours », au lieu du « soutien », des autres syndicats et partis politiques se réclamant de l’idée laïque.

Il critiqua aussi les enseignants laïques appartenant à la Paroisse universitaire. Deux ans plus tard, au congrès national du SNI, le 14 juillet 1962, à nouveau dans la discussion du rapport laïque, il exprima son désaccord avec les analyses de la section de la Marne qui considérait, selon lui, que la laïcité était une question secondaire « dans la lutte pour la rénovation démocratique », car la laïcité en était au contraire la condition. Assesseur lors du congrès du 8 juillet 1963, dans la discussion du rapport moral, il protesta contre le démantèlement de l’Éducation nationale et l’aide aux écoles privées. L’année suivante, au congrès de Lille, le 5 juillet 1964, lors de la discussion du rapport moral, partant de la situation en Bretagne, il refusa tout « compromis » avec la CFTC, considérant que pour la défense de l’école laïque, cette confédération ne pouvait « être un partenaire ». Il renouvela cette analyse au congrès de 1965 où il fut à nouveau assesseur d’une séance.

Le basculement de la direction du SNI, qui procédait des affrontements entre les tendances sur le dossier laïque et la guerre l’Algérie, se fit en 1967. En 1958, la tendance « autonome » (1146 voix, 12 élus) dominait le paysage syndical face aux Unitaires (750 voix, 8 élus) et à la liste « École émancipée » (4 élus). Les rapports de force se resserrèrent en 1960 (gain d’un siège des unitaires au détriment de EE) et 1962 (progression d’un siège au détriment des autonomes). En juin 1964, les résultats étaient très serrés : la liste conduite par Jean Perrin (Majorité nationale, 1118 voix) qui l’emporta de justesse devançant la liste menée par le communiste Marcel Lucas (UA, 1111 voix) détint la majorité pendant un mandat avec la neutralité bienveillante des militants de « L’Ecole Emancipée » menés par Jean-Claude Ropars* (393 voix, 4 élus). Le durcissement des positions à l’intérieur du syndicat, projection des affrontements politiques entre PCF et SFIO, s’accrut avec l’absence de responsables PSU en position intermédiaire. Les luttes de tendances mettaient aux prises des dirigeants syndicaux de forte envergure nationale : Jean Le Pemp puis Jean Perrin pour la majorité nationale socialisante, Marcel Lucas pour la minorité nationale communisante.

En 1967, la section du Finistère se donna une nouvelle majorité syndicale (11 élus unitaires, 1264 voix ; 10 élus autonomes, 1095 voix ; 3 EE) complétant les évolutions qui avaient également affecté les autres départements bretons dans des temporalités synchrones. Marcel Lucas dirigea alors la section pendant une décennie (1 264 voix, 11 élus unitaires ; 1095 voix, 10 élus autonomes, 3 EE). Jean Perrin représenta les instituteurs finistériens à la Commission administrative paritaire départementale, au Comité technique paritaire, au Conseil départemental de l’enseignement primaire en 1964

Jean Perrin siégea ensuite dans les instances de la section de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale. Investi dans les associations laïques et sportives d’Audierne, il sut entretenir des relations amicales avec les militants de la tendance unitaire devenue « Unité et Action » en particulier avec Jean Kervision.

Élu conseiller municipal SFIO puis PS à Audierne (1965-1983), il devint le premier adjoint de Jean Normant (1983-1995). En mars 2001, il était encore candidat aux élections municipales sur la liste menée par Jacqueline Donval, conseillère générale de Pont-Croix (2004-2011).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152013, notice PERRIN Jean, Charles, Lucien par Alain Prigent, François Prigent, version mise en ligne le 6 janvier 2014, dernière modification le 11 avril 2021.

Par Alain Prigent, François Prigent

SOURCES : Mairie d’Audierne. — Arch. de l’OURS, dossiers Finistère. — Presse syndicale : Bulletin de la section départementale du SNI du Finsitère, L ’Ecole libératrice. — Entretiens avec Jean Kervision et Yvonne Cochennec. — Notes de Jacques Girault.

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