JACQUELINE Gérard

Par Gilles Pichavant

Né le 14 janvier 1935 dans le Calvados, mort le 21 janvier 2010 ; technicien des installations des télécommunications, puis inspecteur, puis chef de centre ; syndiqué FNT puis militant CGT des PTT à Dieppe (Seine-Maritime) ; communiste ; conseiller municipal, puis adjoint au maire, puis 1er adjoint de Dieppe (Seine-maritime) ; militant JOC, ACO.

Gérard Jacqueline
Gérard Jacqueline
Gérard Jacqueline après 1995

Fils de paysan du Calvados, Gérard Jacqueline fit ses étude de l’école primaire à la terminale à l’école privée Saint-Joseph de Caen, chez les frères des écoles chrétiennes. Il fut enfant-de-cœur, fit partie des scout de France, et milita à la JOC. Il passa son Baccalauréat, et devint officier de marine à la Compagnie Générale Transatlantique, et capitaine en second sur un cargo.

Mais après quelques années de navigation au long cours, et s’être marié, il mit pied à terre définitivement, et entra comme dessinateur dans un service de la Direction Départementale de l’Équipement à Caen (Calvados) ; mais ce ne fut que pour quelques mois. Peu de temps après, à la fin des années 50, il entra aux PTT comme Technicien des Installations Électromécaniques (TINT), et fut nommé au central téléphonique de Dieppe. Son épouse trouva à s’embaucher à l’usine Érickson de Saint-Nicolas-d’Aliermont. Ils avaient 3 enfants.

Gérard Jacqueline adhéra d’abord à une fédération autonome, la FNT (Fédération Nationale des Télécommunications), mais n’y resta pas longtemps. Le 1er janvier 1964, il adhéra à la CGT, et fut délégué au congrès du syndicat Départemental CGT des PTT de Rouen qui se tint à Saint-Étienne-du-Rouvray le 13 décembre 1964. Il fut élu membre de la Commission Exécutive de ce Syndicat lors du congrès suivant, du 24 avril 1966. Le 29 mars 1967, il fut élu membre du bureau de l’Union Locale CGT de Dieppe lors de son congrès. Il y rejoignait Irénée Bourgois, qui en était le secrétaire général adjoint, militant comme lui de l’Action Catholique Ouvrière (ACO).

Pendant toutes les années 1960, Gérard Jacqueline dirigea parallèlement le comité local du syndicat de locataires CNL, et se fit remarquer par de vives polémiques dans la presse avec le directeur de l’Office HLM.

Réélu à la CE du syndicat CGT des PTT, lors du congrès du 5 mai 1968, Gérard Jacqueline intégra son bureau départemental. Il participa activement à l’organisation du mouvement de grève de mai-juin 68. C’est lui que se vit chargé, par le syndicat, de déclencher la grève à Dieppe, le secrétaire de section syndicale et plusieurs de ses militants, en voyage en RDA, étant bloqués à l’étranger, les frontières étant fermées. Il dirigea le comité de grève des PTT, et anima toutes les assemblées générales qui se tenaient tous les matins dans la cour du bureau de poste Dieppe-principal. Parallèlement, il fut chargé par l’Union Locale CGT de Dieppe, en accord avec le sous-préfet, de délivrer des bons d’essence rationnée pendant la durée de la grève.

En mars 1971, alors qu’il était sans étiquette politique, il fut élu conseiller municipal sur la liste d’union de la gauche conduite par Irénée Bourgois, et fut élu adjoint au maire. Il quitta alors le bureau de l’Union Locale CGT de Dieppe, mais conserva quelques temps encore sa responsabilité de membre du bureau départemental du syndicat CGT des PTT.

Comme adjoint au maire de Dieppe, il se vit chargé des questions économiques pendant les quatre premières années, et termina son mandat à l’urbanisme.

Réélu adjoint-au-maire en 1977, il donna, alors seulement, son adhésion au Parti Communiste Français. Il fit ensuite trois mandat successifs d’adjoint à l’urbanisme, et fut à l’origine d’une modernisation profonde de la ville. A son actif on peut noter : la démolition et la reconstruction d’un énorme ilot, insalubre depuis 50 ans dans le centre ville de Dieppe, appelé l’îlot Saint-Jacques ; la création ex-nihilo du quartier du Val Druel, et de sa zone de super-marchés, la rénovation de l’ilot Sainte-Catherine, ilot du XVIIIe siècle, dont le bâti sera conservé et transformé en logements HLM ; la construction de la nouvelle école de musique ; etc. On lui doit aussi la création de la Semad (société d’économie mixte de Dieppe) qui permit la création de la zone d’activité d’Eurochannel à Neuville-lès-Dieppe, et l’implantation d’entreprises, ainsi que des différentes opérations d’amélioration de l’habitat du centre-ville à partir des années 1990.

En 1995, il devint 1er adjoint au maire de Dieppe. Puis il fit un mandat comme conseiller d’opposition, la droite ayant gagné les élections en 2001. Il fut donc élu sans interruption de 1971 à 2008.

C’était un bon vivant, qui aimait faire la cuisine lui-même ; hâbleur, volontiers provocateur, il fut un redoutable négociateur, dans ses activités syndicales initiales, puis comme élu. Il eut, longtemps, un petit bateau à moteur appelé Antidote, pour se livrer à son passe temps favori, la pèche en mer, et se changer les idées.

Il mourut le 21 janvier 2010, et la ville de Dieppe lui rendit un hommage civil lors d’une cérémonie qui eut lieu 27 janvier dans les salons de l’Hôtel de Ville

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152033, notice JACQUELINE Gérard par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 7 janvier 2014, dernière modification le 7 janvier 2014.

Par Gilles Pichavant

Gérard Jacqueline
Gérard Jacqueline
Gérard Jacqueline après 1995

SOURCES : Arch. IHS-CGT-76. — Le Fil rouge N°2 - Mai-juin 68 en Seine-Maritime, un printemps de luttes sociales qui ont changé la vie, ouvrage collectif de l’IHS-CGT-76 ISBN : 978-2-9526-374-1-1. — Arch de l’Union locale de Dieppe. — Arch. du syndicat CGT des PTT de Seine-Maritime. — Presse locale, au fonds ancien de Dieppe, médiathèque Jean Renoir, quai Bérigny à Dieppe

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