MIGLIARIO Raymond, Jean, Marie [alias "Garnier"]

Par André Balent, Jean-Pierre Besse

Né le 7 août 1926 à Montpellier (Hérault), fusillé par condamnation le 31 mai 1944 à La Madeleine à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) ; étudiant ; membre du mouvement Combat puis des Mouvements unis de Résistance (MUR) dans l’Hérault.

Fils d’Henri Migliario, caissier comptable à l’entrepôt des tabacs de Montpellier né en Algérie le 11 décembre 1898, et de Marguerite Lieutard, sans profession née à Montpellier le 12 avril 1900, Raymond Migliario était domicilié dans cette ville chez ses parents, 27 rue du Faubourg-du-Courreau.

En 1942, lycéen en classe de première au lycée Joffre de Montpellier il fut le condisciple de Jean-Marie Pitangue. Tous deux avaient un an d’avance. Ils adhérèrent alors au mouvement Combat. Il passa aux MUR dès leur création. Étudiant en Droit à Montpellier il, rejoignit en janvier 1943 le Corps franc de Combat dans l’Hérault où il retrouva son ami Jean-Marie Pitangue. Il fut arrêté le 6 avril 1944 à la suite de l’attentat à l’aide d’explosifs à l’hôtel Métropole de Montpellier en même temps que Jean-Marie Pitangue et Georges Pierru selon la fiche Brinon jointe à son dossier à Caen. Le père de Raymond Migliario était aussi un militant clandestin du groupe montpelliérain de Combat. Il fut arrêté en même temps que son fils puis relâché faute de preuves.

Version confirmée avec cependant quelques différences par le témoignage, en juillet 1955, de Justin Solère, chef départemental des Corps francs des MUR qui déclara à un officier de la police de sûreté : « À une date que je ne peux préciser (7 ou 8 avril 1944) les Allemands avaient installé aux Établissements Darcy rue de la Loge un diorama du ``Paradis soviétique’’. Ce fait m’avait été signalé et des ordres avaient été donnés pour faire sauter au plastic la vitrine du magasin Darcy. C’est Pitangue qui, faisant également partie des Corps francs, avait été désigné pour cette mission. Ne pouvant la remplir en raison de la présence d’un gardien de la paix en faction devant le magasin, Pitangue se dirigea vers la rue [de] Maguelone, contourna la rue Clos-René et au moment où il passait devant l’Hôtel Métropole, occupé par les Allemands, crut bon de se débarrasser de la charge de plastic en la lançant par une fenêtre du rez-de-chaussée à l’intérieur de l’Hôtel. »

Selon ce témoignage, une série d’arrestations eut lieu le lendemain dont celle de Raymond Migliario, vague d’arrestations favorisée par une trahison. D’autres sources font de son arrestation la suite d’une tentative de sabotage de l’usine électrique et du pont de Castelnau-Montpellier.

Le témoignage de Gérald Suberville qui dirigeait l’Action ouvrière (AO) des MUR de la R3 indique que le groupe de l’AS de Montpellier auquel appartenaient Pitangue, Pierru et Migliario était infiltré par des agents allemands, en l’occurrence deux militants du PPF tunisien affectés depuis juin 1943 à la Sipo-SD de Montpellier, Berger (alias "Banty", "Le Grand Pierre") et Mouchet (alias "Henry"). Tous deux, par ailleurs membres de la "brigade" de l’intendant de police Pierre Marty, "travaillaient" pour Mahren, le responsable du SD de Montpellier. Ce fut Berger qui, d’après Suberville, fit tomber les trois jeunes Montpelliérains, mettant fin à leurs actions dirigées contre les Allemands (témoignage confirmé par d’autres sources).
_Interné à la prison de Montpellier, Migliario fut condamné à mort le 30 mai 1944 par le tribunal militaire allemand de Nîmes dans le Gard (OFK 894), et fusillé le jour même avec Pitangue, Pierru, deux résistants du Gard ( François Gaussen, Aimé Sauvebois) Louis Rachinel et René Sénégas.

Une plaque commémorative est apposée rue du Faubourg-du-Courreau et son nom est inscrit sur une plaque à la faculté de Droit de Montpellier, commémorant les personnels et les étudiants de cette faculté morts pendant les deux guerres mondiales. Son nom est inscrit également sur les deux monuments ou plaques commémoratifs de la Madeleine. Une plaque a été posée à la butte de tir avec les seize noms de fusillés (par les GMR ou les Allemands) entre le 12 mars et le 11 juillet 1944. La date d’exécution qui figure après son nom (31 mai 1944) ne correspond pas à celle de l’acte de décès ("vers le 30 mai" 1944) dressé seulement le 20 septembre 1944. Trois cent mètres en contrebas, un monument commémoratif a été érigé ultérieurement, le long de la route départementale reliant Montpellier à Sète. Une plaque commémorative é été également apposée au 27 rue du Faubourg-du-Courreau à Montpellier. On peut y lire l’inscription suivante :
"À la mémoire de
Migliario Raymond
lieutenant FFI
fusillé à 17 ans
le 30 mai 1944
à la Madeleine".

Son décès fut enregistré à l’état civil de Montpellier alors que le stand de tir de la Madeleine était implanté dans la commune voisine de Villeneuve-lès-Maguelone.

Il fut homologué lieutenant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), à titre posthume. Avec Pitangue, il fut cité à l’ordre de l’armée pour leur action audacieuse et leur esprit d’initiative.

La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée le 28 mars 1945. Il fut cité à l’ordre de l’Armée et reçut la croix de guerre avec palmes à titre posthume. Il reçut aussi la Légion d’honneur en 1948, toujours à titre posthume et fut homologué Interné Résistant en février 1956.

Voir : Lieu d’exécution de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152132, notice MIGLIARIO Raymond, Jean, Marie [alias "Garnier"] par André Balent, Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 4 janvier 2016, dernière modification le 17 mai 2020.

Par André Balent, Jean-Pierre Besse

SOURCES :.DAVCC, Caen, dossier 21 P 265465. — Gérald Suberville, "L’affaire ¨Pierre Marty intendant de police devant la Cour de justice de Toulouse", in Les lendemains de Libération dans le Midi, Actes du colloque de Montpellier 1986, Montpellier, Université Paul-Valéry Montpellier III, 2e édition, Montpellier, 1998, 240 p , 1e édition, 1997 [pp. 3-26]. — Annales de l’Université de Montpellier et du Languedoc méditerranéen-Roussillon, 1944, II, p. 170, p. 290-291 ; 1944, III, pp. 83-84. — Site MemorialGenWeb, consulté le 8 décembre 2015. — Notes de Danièle Arnaud, courriel à André Balent, 30 mai 2016. — État civil.

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