PETRY Joseph [Moselle]

Par Jean François Lassagne

Né le 2 juillet 1933 à Metz (Moselle)  ; ouvrier sidérurgiste ; conducteur puis contrôleur à la Régie Municipale des Transports en Commun de la Région Messine (TCRM) ; militant de la CGT ; secrétaire du syndicat des TCRM ; membre de la commission administrative (puis exécutive) de l’Union départementale de Moselle ; responsable à la formation syndicale ; responsable de l’Union syndicale des retraités ; président de la Mutuelle des TCRM ; militant du Parti communiste ; secrétaire de la cellule Maurice Thorez des TCRM ; membre du bureau fédéral de Moselle ; candidat aux élections municipales à Metz, ainsi qu’aux cantonales.

Joseph Petry en 2006
Joseph Petry en 2006

Son père Charles Petry, né le 16 octobre 1910 à Sorbey (Moselle annexée), fut wattman puis receveur aux TCRM, et sa mère, Régine Sann, d’origine allemande, était née le 10 octobre 1914 à Trippstadt (près de Kaiserslautern en Rhénanie Palatinat). La famille ayant refusé l’incorporation de Joseph aux Jeunesses Hitlériennes en Moselle annexée, sa mère dut travailler pour compenser la suppression des allocations familiales qui sanctionna leur refus ; elle fut embauchée de 1942 à 1945 au cinéma Scala à Metz. Avec son frère jumeau, Joseph était l’aîné d’une famille de sept enfants (six garçons et une fille). Il réussit son certificat d’études primaires en 1947, grâce en partie au directeur de l’école, Monsieur Thiébaut, qui aida les jeunes écoliers lorrains à combler leur retard. Il devint jeune accordéoniste à l’Accordéon Club du Sablon à Metz. Puis, après un passage de six mois en école professionnelle, suivi d’une succession d’emplois divers, il fut embauché en 1950 à l’usine sidérurgique de l’Union de Consommateurs de Produits Métallurgiques et Industriels (UCPMI) à Hagondange (Moselle), au poste d’accrocheur.

Il adhéra rapidement à la CGT, à l’issue d’une fête de la Saint Eloi, où il avait été invité en tant qu’accordéoniste, afin de compléter un orchestre. En 1952, et par devancement d’appel, il partit alors effectuer son service militaire en Algérie (Sahara), versé dans les transports il y apprit la dactylo. À son retour à Metz en mars 1954, il fut embauché à la Régie Municipale des TCRM en qualité de conducteur, poste qu’il occupa jusqu’en 1976 où il devint contrôleur. Militant à nouveau à la CGT, il entra rapidement au Conseil syndical en 1956. En 1959, alors qu’il participait à un stage de formation syndicale de niveau moyen à la Fédération Nationale des Transports, il rencontra un camarade de la RATP qui le décida à adhérer au Parti communiste. Dés lors il mena de front ses activités syndicales et politiques, et participa dès 1960 tant au stage supérieur de quatre semaines de la CGT, qu’à l’Ecole Centrale d’un mois du PCF à Choisy-le- Roi ; la même année il fut élu secrétaire du syndicat CGT majoritaire aux TCRM, et l’année suivante, en 1961, il intégra la Commission Administrative de l’UD de Moselle jusqu’en 1980. Après un stage national de formateur en 1962, il eut la double charge, dès 1963, des stages de formation syndicale à la Petite-Pierre (dans la maison de vacances acquise en Alsace par la CGT de la Métallurgie de Moselle en 1936), ainsi que du secteur de la Main d’Œuvre Immigrée. En 1965 il fut chargé par le Centre Confédéral d’Éducation Ouvrière de la mise en place du Comité Régional d’Éducation Ouvrière en Lorraine avec les UD de Moselle, de Meurthe-et-Moselle et des Vosges, jusqu’en 1970, date de la dissolution des CREO. Il dirigea ensuite le collectif « éducation syndicale » de l’UD de Moselle avec deux autres militants. Il anima la grève de mai 1968 aux TCRM marquée par l’occupation de tous les postes. Il vécut sur place jours et nuits durant un mois, non sans que cela suscite quelques différents familiaux. Il raconta comment durant cette période, Raymond Mondon, alors député maire de Metz, sauta par-dessus le mur d’enceinte pour venir l’entretenir de l’état du mouvement. Cet engagement militant lui valut d’ailleurs en 1977 un déclassement, à l’issue d’une cabale politique qui visait à le licencier. Défendu par Maître Davidson, il évita le pire, mais cela remit en cause sa place au sein du syndicat. Ce n’est qu’en 1984 que le retour à la normale s’opéra et qu’il retrouva son poste de contrôleur. En 1993, il succéda à Fernand Leroy* à la tête de l’Union Syndicale des Retraités au sein de l’UD de Moselle, jusqu’en 2005, où soignant un cancer, il abandonna ses responsabilités à la Commission Exécutive et à l’USR.

Militant communiste, il dirigea la cellule d’entreprise aux TCRM, et participa à la direction fédérale à partir des années 1970. Il représenta alors son parti à plusieurs débats et tables rondes, notamment face à Jean-Marie Rausch, alors maire de Metz. Il fut candidat aux élections municipales à Metz, ainsi qu’aux cantonales. Joseph compléta ses activités syndicales et politiques par sa participation à différentes institutions : président de la Mutuelle des TCRM durant la décennie des années 1960, il fut également trésorier de l’Association contre la Maltraitance des personnes âgées (ALMA), membre du bureau du CODERPA de Moselle, (Comité départemental des Personnes Agées) de 1988 à 1995, membre d’un Comité Technique Régional à la CRAM de Strasbourg, puis membre du Tribunal du contentieux de la sécurité Sociale d’Alsace-Moselle. Joseph participa en 2006 « avec enthousiasme » au congrès de l’UD de Moselle, et le conclut par sa devise « la vie continue, le syndicat aussi ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152583, notice PETRY Joseph [Moselle] par Jean François Lassagne, version mise en ligne le 19 janvier 2014, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean François Lassagne

Joseph Petry en 2006
Joseph Petry en 2006

SOURCES : Archives de l’UD CGT de Moselle. — Archives personnelles. — Entretien avec Joseph Petry à son domicile (15 mars 2007).

ICONOGRAPHIE : Photographie de Jean-François Lassagne en 2009.

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