ZERDANI Brahim [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Cheminot CGT d’Alger, militant du MTLD, un des fondateurs de la Fédération UGTA des cheminots en 1956  ; torturé en février-mars 1957 dans les sous-sols de la mairie d’Alger, témoin contre l’officier français J-M. Le Pen qui a pratiqué la torture.

Cheminot à Alger, syndicaliste à la CGT, Brahim Zerdani, sans être membre du bureau, participe au début des années 1950, aux réunions de la Commission centrale des Affaires sociales et du syndicalisme qui se tiennent au siège du MTLD, rue de Chartres, préconisant la création de cellules d’entreprise du parti face aux cellules communistes. Dans ses souvenirs, Brahim Zerdani dit avoir été frappé à l’automne 1954 par la montée de l’agressivité entre cheminots européens et algériens, au sein même de l’UGSA-CGT. À la fin de 1955 et en janvier 1956, il appartient aux côtés de son proche camarade Rouzik Belmihoub* aux réunions de cheminots nationalistes qui se tiennent le plus souvent chez Boualem Bourouiba* et envisagent le passage à une centrale nationale  ; les partisans de Messali, qui a formé le MNA, rompent les contacts et les devancent en créant l’USTA. Brahim Zerdani est véritablement un des fondateurs de la Fédération syndicale des cheminots de l’UGTA à la fin de février 1956  ; il en devient le trésorier général.

Comme il est employé dans les services de la Direction générale des Chemins de fer à Alger, c’est lui qui, au nom du Comité de grève formé par l’UGTA, annonce à la direction l’ouverture de la grève des huit jours à compter du 28 janvier 1957. La répression s’abat  ; ce sera la Bataille d’Alger. Après la grève, il s’emploie à assurer le paiement des cheminots algériens des services de la Direction des chemins de fer. Il est arrêté ainsi que Rouzik Belmihoub* et Beïdaoui, un autre cheminot syndicaliste. Ils subissent la torture dans les sous-sols de la Mairie d’Alger, proche de l’hôtel Aletti d’où viennent prêter la main l’officier français Jean-Marie Le Pen et ses compères. Déjà dans un triste état, Brahim Zerdani dit avoir entendu une voix dans la pièce voisine : « Mon capitaine ! On a arrêté Mme Zerdani. Elle est au Bastion XV et ce soir on va se régaler. Quant à ses enfants, ils ont été placés à l’Assistance publique ». Subterfuges pour faire parler. « Déçus par le peu de résultats obtenus, ils (les militaires) se vengent en le martelant de coups de poings et de coups de pieds ». Après plusieurs semaines, Brahim Zerdani et les autres victimes sont transférés au camp de Paul Cazelles (Aïn-Ousseria).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152648, notice ZERDANI Brahim [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 21 janvier 2014, dernière modification le 21 janvier 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : M. Farès, Aïssat Idir, op. cit. – Témoignage Brahim Zerdani recueilli par B. Bourouiba, daté du 9 juin 1989, cité dans B. Bourouiba, Les syndicalistes algériens, op. cit.

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