DECROIX Henri

Par Christian Lescureux

Né le 27 octobre 1915 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais), fusillé le 30 juin 1942 à Arras (Pas-de-Calais) ; ouvrier mineur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils de Désiré Decroix et de Adèle Rigaux, Henri Decroix était marié à Fernande (née Lavergne) et avait deux enfants. Mineur au siège no 7 des mines de Marles, il était domicilié 24 rue de la Vallée à Cauchy-à-la-Tour. Il avait connue Fernande Lavergne, née le 29 janvier 1919 au Kremlin Bicetre (Seine), dans les bals où il était musicien. Orpheline de mère, elle avait été placée à Gosnay (Pas-de-Calais) puis à Fiefs. Ils se sont mariés le 4 décembre 1937 à Cauchy. Le couple eut deux garçons. L’ainé, Marcel, était né le 8 février 1939 ; un deuxième, Serge, naquit le 6 avril 1941 à Cauchy.
Sympathisant communiste avant 1939, il fut suspecté, après dissolution du parti, de distribuer des tracts. Avec sa femme, ils se firent remarquer le 7 juin 1941 aux piquets de grèves des mines en manifestant en soutien au conflit ouvrier.
Il fut recruté par des résistants connus et a peut-être participé à des sabotages à Bruay-en-Artois. Il était en possession d’un fusil de chasse.
Suite à l’enquête menée pour activité communiste et distribution de tracts, il prit la fuite le 13 avril 1942 mais fut arrêté, selon les sources, le 17 ou le 18 avril 1942 par la police française d’Auchel, ainsi que son épouse, en flagrant délit "de fraude de tabac" à Pernes-en-Artois (Pas-de-Calais) [sans doute parce qu’ils partaient avec un lot de tabac pour leur consommation] ou, selon les sources, pour « activité communiste et détention d’armes ».
Le témoigne de leur petite-fille est un peu différent : "Mes grands parents ont été arrêtés à la gare de Pernes-en-Artois. Ils prenaient la fuite avec mon père et mon oncle. Ils partaient en zone libre plus exactement à Bordeaux chez la marraine de ma grand-mère. Ils ont été dénoncés par un de leurs meilleurs amis. Mon grand-père fut conduit à Arras où il a été fusillé le 30 juin 1942. Ma grand mère a elle été enfermée à la prison de Béthune. Sur la porte de sa cellule était inscrit outrage à magistrat pour avoir insulté les gendarmes qui menaçaient de tirer dans leur dos alors qu’ils portaient chacun un de leurs enfants." (juin 2020).

Réclamé par les autorités allemandes, Henri Decroix fut condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand (OFK 670) d’Arras le 19 ou le 30 juin 1942 et fusillé dans les fossés de la citadelle d’Arras le 30 juin 1942 à 20 h 04.

Après la prison, Fernande Decroix partit dans sa famille à Bordeaux, puis elle revint à Cauchy après la Libération. Elle a habité au camps russe à Auchel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152690, notice DECROIX Henri par Christian Lescureux, version mise en ligne le 12 février 2014, dernière modification le 5 octobre 2020.

Par Christian Lescureux

SOURCES : AVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 5022 et 51 J 6. – J.-M. Fossier, Zone interdite, Éd. Sociales, Paris, 1977, p. 199. – Mémorial des fusillés d’Arras. – État civil. — Témoignage d’Odile Decroix, fille de Marcel Decroix et petite-fille d’Henri (elle a été élevée par Fernande Decroix au Kremlin-Bicêtre), juin 2020.

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