FAOU Julien, Marie

Par Alain Prigent, Serge Tilly

Né le 24 octobre 1902 à Lesconil (Finistère), fusillé le 23 juin 1944 dans les dunes de La Torche en Plomeur (Finistère) ; marin pêcheur ; militant communiste, résistant, membre des FTPF.

Julien, Marie Faou, plaque au cimetière de Lesconil
Julien, Marie Faou, plaque au cimetière de Lesconil
Cliché Annie Pennetier

Julien Faou était le fils de Germain Faou et de Marie Trebern. Marié avec Anna Le Loz, marin pêcheur à Lesconil en Plobannalec, patron du Saint-Tudy, il militait au sein des structures communistes du pays bigouden depuis les années 1920, selon Eugène Kerbaul. Il participa avec quatre autres bateaux à la périlleuse récupération d’armes immergées aux Glénans au printemps 1942, avec Guillaume Bodéré et Jean Baudry.
Il intégra les FTPF en 1942. Le 6 juin 1944, Julien Faou, avec un groupe de FTP de Lesconil, se rendit à Plomeur pour participer à une distribution d’armes. Sur leur chemin, ils rencontrèrent le maire, Louis Méhu, en pleine discussion avec deux soldats allemands au sujet d’un collage d’affiches. Les FTP se saisirent des soldats qui furent conduits dans l’ancien presbytère de Plonivel en Plobannalec. Lors de la contre-attaque menée par l’armée allemande quelques jours plus tard afin de retrouver les soldats, le 12 juin 1944, toute la population fut « raflée » et rassemblée. Julien Faou, pris dans cette opération menée par la Wehrmacht, fut identifié comme FTP.
Incarcéré dans un premier temps à l’usine Maingourd qui servait de casernement, il fut transféré à la prison Saint-Gabriel de Pont-l’Abbé (Finistère) et fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper (FK 752) le 23 juin 1944 (22 juin, selon des témoignages recueillis par Jean Kervision) pour « activité de franc-tireur ». Il a été fusillé le 23 juin 1944 à La Torche en même temps qu’Étienne Cariou, Jean Divanac’h, Albert Larzul, Armand Primot et Prosper Quéméner entre 22 h 20 et 22 h 30.
Reconnu Mort pour la France, il a été homologué Interné résistant (IR) et FFI.


Plomeur

Dernière lettre
Pont-l’Abbé le 23 juin 1944
Ma chère femme chérie,
Prend courage, je sais que tu en auras. Mi je vais mourir et je te demande pardon de tout le mail que je fais. Je vais mourir (censure)
Comme je vous aime femme et enfants chéris mais la loi de la guerre m’enlève à votre amour. Toi Annick qui est l’aînée aide ta maman le plus possible, console-la dans son malheur. Toi Julien et Pierre soyez sages et obéissants, et la tendre petite Hélène qui n’aura pas connu son père je lui envoie un baiser de loin comme elle le faisait souvent.
À ton mon père et mère et sœur et frère je vous envoie mon dernier adieu dans un dernier baiser ; vous n’aurez pas à rougir de votre fils. À toi beau père et belle mère, à vous tous beaux frères et belles soeurs, je vous envoie mes derniers adieux dans un dernier baiser (censure)
J’ai refusé l’assistance religieuse et je désire que rien ne soit fait à l’église à mon sujet, la religion c’est l’opium du peuple.
Femme chérie garde précieusement cette lettre, tu pourras la monter à tous nos parents et mais et camarades, et encore une fois pardon Anna chérie, prends courage il le faut pour nos enfants chéris.
Adieu à tous dans un dernier baiser. Adieu à la vie (censure).
Julien Faou
PS. Pour les affaires de famille, terres et autre, arrangez vous bien.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152796, notice FAOU Julien, Marie par Alain Prigent, Serge Tilly, version mise en ligne le 17 février 2014, dernière modification le 22 juin 2021.

Par Alain Prigent, Serge Tilly

Julien, Marie Faou, plaque au cimetière de Lesconil
Julien, Marie Faou, plaque au cimetière de Lesconil
Cliché Annie Pennetier

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes J.-P. Besse et Thomas Pouty). – J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés. Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), op. cit. – Brewalan Biger, Jean-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère (1940-1944), mémoire de master, UBO, 2011. – Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. – Documentation remise par Jean Kervision, responsable du Travailleur bigouden, publication de la section du PCF de Lesconil ; no 158, 2e trimestre 1995. – Sites Internet : Résistants et amis de la Résistance, ANACR du Finistère. – État civil. — Notes de Jean Kévision, Annie Pennetier, Jean-Pierre Ravery.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément