CHABILA Djilali, pseudonyme CHAPUIS [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 3 décembre 1898 à Blida, travailleur émigré en région parisienne, syndicaliste CGTU et communiste, trésorier général de l’Étoile Nord-Africaine à sa fondation en 1926 ; secrétaire général chargé en 1928 pour le compte de la CGTU, de relancer l’ENA ; face à l’ENA transformée en parti par Messali en 1933 avec son journal El Ouma (La Communauté), animateur de l’action de la CGTU auprès de l’immigration nord-africaine avec le journal El Amel (L’espoir).

Emigré en France en 1923, habitant dans le 17e arrondissement, Djilali Chabila est employé dans une société qui assure l’entretien des ascenseurs, ce qui suppose une bonne instruction d’écriture en français, de l’ordre du primaire supérieur. Il adhère à la CGTU et au Parti communiste qui ne font souvent qu’un à cette époque. Il devient bientôt secrétaire permanent de la main d’œuvre coloniale de la 20e Union régionale CGTU (Paris) et participe à la Commission coloniale du parti communiste.

Il se trouve ainsi associé au sein de la Section nord-africaine de l’Union intercoloniale, à la préparation et à la création de l’Étoile nord-africaine en 1926. Il appartient au noyau dirigeant communiste ; l’Assemblée fondatrice tenue à la Maison des syndicats de la rue de La Grange-aux-belles (Paris 10e) le 2 juillet 1926 en fait le trésorier général. Devenu permanent professionnel, il est comme Messali, pris en charge par la coopérative La famille nouvelle. Il collabore au périodique de l’ENA : l’Ikdam (La vaillance) qui reprend le titre du journal de la Fraternité algérienne, l’association de l’Emir Khaled en Algérie en 1921-1922 ; il signe des articles anticolonialistes sous le pseudonyme de Chapuis.

Déjà par la CGTU en liaison avec l’Internationale syndicale rouge à Moscou, son action s’exerce aussi au Secours rouge international, et en direction de la main d’œuvre martiniquaise. Il est en outre chargé de suivre la section de Puteaux de l’ENA. Quand en désaccord avec la Commission coloniale communiste, le fondateur de l’ENA Abdelkader Hadj-Ali* se met en retrait, Djilali Chabila est chargé de réorganiser l’ENA selon de nouveaux statuts par l’Assemblée générale du 13 mai 1928 qui le désigne comme Secrétaire général.

Sous les coups de la répression et dans les vicissitudes de crise du mouvement communiste qui entraîne son recul au plus bas tant en France qu’en Algérie, l’ENA reste en souffrance ; Mohammed Marouf* en direction de l’Algérie et Djilali Chabila auprès de l’immigration en région parisienne, tentent la relance de l’ENA en 1930 et en 1932.

En mai 1932, D.Chabila prend la parole à la Maison des syndicats de la rue de La Grange-aux-belles (Paris 10e), devant une trentaine de travailleurs nord-africains seulement, et le 25 juin suivant devant à peine une soixantaine d’assistants à Clichy. Dans ces communes du Nord de Paris, de Clichy à Levallois-Perret et jusqu’à Nanterre où se concentre la main d’œuvre très majoritairement kabyle dans les garnis et les cafés, c’est Messali qui gagne en influence et en rattachements à l’ENA qu’il va autonomiser en 1933 par de nouveaux statuts en en faisant son parti, maintenant l’adhésion au syndicat, en fait la CGTU, et en interdisant la double appartenance partisane, ce qui veut dire au PC.

Djilali Chabila apparaît encore chargé avec M.Marouf de retenir dans la mouvance du PC, l’immigration nord-africaine à travers la CGTU ; toux deux s’emploient à maintenir la publication plus ou moins périodique de El Amel (L’espoir) par la CGTU face à El Ouma dont Messali fait le journal de la nouvelle ENA. Djilali Chibani semble continuer un certain temps pour le PC, le travail syndical auprès de la main d’œuvre coloniale en Région parisienne alors que M.Marouf passe en Algérie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152918, notice CHABILA Djilali, pseudonyme CHAPUIS [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 1er février 2014, dernière modification le 7 décembre 2020.

Par René Gallissot

SOURCES  : Arch. de la Préfecture de police de Paris, dossier 56 10694 A et carton 50 rapport de 1934 sur l’ENA. — Arch. IRM, Commission coloniale du PCF. – J.-L.Carlier, La première Etoile nord-africaine, Revue algérienne des sciences juridiques, économiques et politiques, n° 4, décembre 1972, Alger. -B. Stora, Dictionnaire biographique des nationalistes algériens, op.cit. — O. Carlier Entre nation et Jihad, op.cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément