CAPET André, Marius

Par Daniel Grason

Né le 22 février 1906 à Calais (Pas-de-Calais), mort le 12 septembre 2003 à Tonnerre (Yonne) ; soudeur à l’arc ; militant communiste de Renault à Boulogne-Billancourt puis de Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine) ; membre de l’Organisation spéciale ; résistant déporté.

André Capet.
André Capet.

Fils de Fernand, tulliste (fabriquait un tissu très léger le tulle) et de Marie, née Brondel, giletière André Capet épousa Noëlle Debaene le 3 novembre 1928 à Calais. Il se remaria avec Reine Malard à Châtenay-Malabry (Seine, Hauts-de-Seine), le couple demeurait dans la ville au 30 rue Robert-Hertz, ils eurent deux enfants. Reine Capet était ouvrière à la Société Industrielle de Boutons à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis). André Capet travailla aux usines Renault à Boulogne-Billancourt, adhéra au Parti communiste en 1936 au moment du Front populaire, milita dans l’usine. Licencié pour sa participation à la grève du 30 novembre 1938 contre les décrets lois Daladier, Reynaud, grève qui fut un échec, il démissionna du Parti communiste pour une raison inconnue.
Mobilisé comme soldat au 401e Régiment de Défense contre avions (DCA), 2e compagnie de Guet à la caserne du Prince Eugène, place de la République, à Paris (Xe arr.). Il eut les fonctions de messager téléphoniste à la salle de commandement, un poste très sensible. Le commissaire de police de la circonscription de Châtenay-Malabry informé de la nouvelle, ordonna la perquisition de son domicile. Rien n’était trouvé… Le commissaire adressa un courrier au directeur des Renseignements généraux, il soulignait qu’André Capet pouvait présenter un « danger » pour la « Défense Nationale ou l’ordre public en cas de troubles ». Il recommandait de « l’éloigner de la région parisienne d’autant plus qu’il revient à son domicile chaque soir ».
Démobilisé, il exerça son métier chez Daimler Benz 214 avenue Édouard-Vaillant à Billancourt, le 13 mars 1942, il était licencié pour « refus de travail ». La famille déménagea le 1er mai 1942 au 65 rue Vassou (Georges-Boisseau) à Clichy-la-Garenne. Le 16 mai 1942 à 7 heures du matin trois policiers de la BS2 frappait à la porte du domicile d’André Capet. Reine ouvrit, les policiers menottèrent André Capet dans son lit. Un carnet de notes, des feuilles où figurait des rendez-vous et huit tracts du parti communiste destinés « Aux commissaires politiques, aux responsables militaires, à tous les membres des troupes populaires » étaient saisis. Dans une casserole les policiers découvraient de la poudre noire et des tracts communistes. Sa femme également arrêtée fut relaxée et libérée le 27 janvier 1943.
Incarcéré à la Santé, puis à Fresnes, il comparut le 30 septembre 1942 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas, VIIIe arr. Condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi », sa peine était commuée en travaux forcés à perpétuité. Le 27 octobre 1942, Irénée Apperé, Marie Besseyre, André Fauré, Marcel Fischer, Édouard Larat, Jean Lefebvre, Raymond Losserand et Lucien Micaud étaient passés par les armes au stand de tir du ministère de l’Air à Paris, (XVe arr.).
Le 18 janvier 1943, sept femmes et neuf hommes partaient de la gare de l’Est à destination de la prison de Karlsruhe, parmi les hommes cinq membres de l’Organisation spéciale du même groupe que les fusillés d’octobre 1942 : André Bougard, Dominique Savattero, Henri Tison, Émilien Collin et André Capet. Le 26 avril 1943 les deux derniers quittaient pour la prison de Fresnes, certainement pour les besoins de l’enquête. Henri Tison prendra le même chemin le 26 novembre 1943.
Le 12 juillet 1943, cinquante-six hommes dont André Capet quittaient la gare de l’Est à destination du camp de Natzwiller (Bas-Rhin). Un garde SS l’aurait blessé à une jambe. Classé « NN » Nuit et Brouillard (condamné à disparaître), il était envoyé au camp de travail de Erzingen dans le Wurtemberg, puis au camp de déportation de Dachau. Le camp fut libéré le 29 avril 1945 par la 45e division de la VIIe armée américaine, matricule 4464, André Capet était parmi les survivants. Il était rapatrié en France le 1er juin 1945.
Homologué combattant FTPF, reconnut comme lieutenant dès le 19 novembre 1946, il était titulaire d’un certificat d’appartenance aux FFI daté du 23 décembre 1947. Il reprit son activité militante, était interpellé pour un contrôle d’identité par la police le dimanche 29 août 1954 place de la Mairie à Clichy-la-Garenne, il distribuait des tracts intitulés « Il s’agit de la France » édités par l’Association des rescapés et des familles des morts d’Auschwitz, Buchenwald et Ravensbrück ».
Ils témoignèrent tous les deux devant la commission d’épuration de la police, le rapport du 19 avril 1948 en garda la trace. Reine Capet accusa l’un des inspecteurs d’avoir dérobé sous ses yeux mille deux cents francs qui étaient dans un portefeuille. « Il m’a dit que cet argent provenait du parti communiste ». Elle répondit : « Pas du tout ». Il rétorqua : « Ferme ta gueule, on va te remettre aux mains des Allemands, quant à l’argent, je le prends ». Amnésie… aucun des trois inspecteurs ne se souvenaient de la somme d’argent, elle ne figurait pas sur les scellés.
André Capet a été homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Déporté interné résistant. Il déménagea dans la ville voisine de Gennevilliers au 11 rue Renée-Gallot, en 1959, il se porta la même année candidat dans l’Ordre de la Légion d’Honneur. Il mourut le 12 septembre 2003 à Tonnerre (Yonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153041, notice CAPET André, Marius par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 février 2014, dernière modification le 14 janvier 2020.

Par Daniel Grason

André Capet.
André Capet.

SOURCES : Arch. PPo. 77W 1489, KB 72. – Arch. DAVCC Caen, B VIII dossier 3 (notes de Thomas Pouty). – Bureau Résistance GR 16 P 105123. – Livre-Mémorial, FMD, Ed. Tirésias, 2004. – État civil, Calais.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 174 cliché du 19 mai 1942.

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