LONGÉ René, Édouard

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 16 avril 1896 à Bézancourt (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 30 janvier 1942 au champ de tir du Madrillet, Grand-Quevilly ; instituteur ; militant communiste et syndicaliste de Seine-Inférieure (Seine-Maritime) ; résistant du Front national pour la liberté.

René Longé, dans l’Avenir Normand du 3 février 1945
René Longé, dans l’Avenir Normand du 3 février 1945

Fils d’un boulanger, René Longé était instituteur à Rouen en 1932, à l’école Géricault. Il eut notamment pour élèves des fils d’ouvriers qui lui manifestèrent une véritable affection. Il était pour tous « Papa Longé ». Il enseigna par la suite à Petit-Quevilly. Il se maria en septembre 1920 à Rouen.
Communiste, trésorier du syndicat des membres de l’Enseignement laïque du département (CGTU) entre 1925 et 1935, il siégea au conseil du Syndicat national des instituteurs (SNI) après l’unification.
Ami d’André Pican, de Roger Poujol et de Suzanne Costentin, enseignants comme lui, il participa à la reconstitution du PCF clandestin et assura la responsabilité de la collecte des fonds pour le soutien des familles des emprisonnés. C’est à son domicile que l’Avenir normand, publication clandestine du Parti communiste, était déposé pour être réparti dans l’agglomération rouennaise.
Dénoncé, il fut arrêté dans sa classe, à Petit-Quevilly, le 22 octobre 1941 ainsi que son fils, élève du lycée Corneille de Rouen, et incarcéré au palais de justice, prison allemande où il fut atrocement torturé.
Cette date d’arrestation indique que Longé père et fils furent touchés par la rafle des 21 et 22 octobre 1941 dans laquelle plus de 150 communistes « notoires » de Seine-Inférieure furent arrêtés et emprisonnés. Ce coup de filet soigneusement organisé par la police française dans le département, était une riposte à l’entrée du Parti communiste dans la lutte armée et les sabotages... depuis août 1941. Ces prisonniers politiques furent écroués principalement dans la centrale de Rouen Bonne-Nouvelle et constituaient une réserve d’otages dans laquelle les autorités d’occupation pouvaient puiser pour les exécuter en représailles à nouveaux attentats communistes.
L’instituteur René Longé fut arrêté, jugé et exécuté les mêmes jours que quatre militants de la vallée du Cailly (ND-de-Bondeville et Maromme) : Henri Billaux, Fernand Dubuc, Charles Tierce et Raymond Duflo. En effet, les attentats avaient repris de plus belle dans la région en ce début de 1942.
Jugé le 20 janvier 1942, René Longé fit preuve d’un courage exemplaire, songeant surtout à sauver son fils. Il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Rouen (FK 517) le 20 janvier 1942 puis fusillé le 30 janvier 1942 avec les quatre de la vallée du Cailly cités plus haut.
Son fils fut condamné à cinq ans de travaux forcés.
René Longé fut homologué RIF et DIR, résistant du Front national.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153237, notice LONGÉ René, Édouard par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 24 octobre 2014, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Jean-Paul Nicolas

René Longé, dans l'Avenir Normand du 3 février 1945
René Longé, dans l’Avenir Normand du 3 février 1945

SOURCES : Arch. Nat. F60 1554. – DAVCC, Caen, Liste S 1744. – A. Delaunay, Le Syndicalisme chez les instituteurs de la Seine-Inférieure, Mémoire de Maîtrise, Université de Rouen, 1975. – Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime, ouvrage de l’ADFFM de Seine-Maritime 1994. – Note de Jacques Girault. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 375916 et Caen SHD/ AC 21 P 565799 (nc).

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