CHENAF Mohamed [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamrouche

Né le 2 septembre 1934 à Laghouat, formé à la CGT, un des fondateurs de l’UGTA en 1956, membre du 3e secrétariat clandestin et du Comité de la grève de 8 jours (fin janvier 1957) ; arrêté, torturé et détenu dans les camps ; en 1960, membre de la Délégation extérieure de l’UGTA à Tunis puis au Maroc.

Fils de fonctionnaire, après des études coraniques, primaires et secondaires, Mohame Chenaf entre sur concours à l’EGA comme cadre à la direction générale ; il adhère à la CGT. Parallèlement il mène des études de droit interrompues en mai 1956 par la grève des étudiants. Il participe à la création de l’UGTA et contribue à la mise en place d’une section UGTA à l’EGA ; il est un des assesseurs au bureau.

Fin 1956, il fait partie du 3e secrétariat clandestin qui poursuit l’action de l’UGTA ; il appartient au Comité de grève qui assume « la grève des huit jours » (27 janvier-4 février 1957) ; ses camarades le chargent du rapport adressé au CEE du FLN qui présente les observations sur le caractère risqué de cette grève. Après la grève, il participe au 5e secrétariat qui essaie de maintenir l’UGTA. En mars 1957, il est délégué à Bruxelles auprès de la CISL pour informer ses responsables de l’ampleur de la répression. Il assume cette mission en compagnie de Brahim Bendriss* après avoir rencontré à Paris des dirigeants de la fédération de France du FLN.

À son retour, Mohamed Chenaf est arrêté par les paras à Alger. Il est torturé et subit un simulacre d’exécution par les armes destiné à le faire passer aux aveux. Sans procès, les deux bras paralysés, il est interné jusqu’au 26 août 1960, successivement dans les camps de Beni-Messous, Paul-Cazelles, Bossuet, Arcole et Sidi Chami. Libéré, il reprend contact avec les responsables FLN qui l’acheminent clandestinement, via Bonn, vers Tunis où il rejoint en septembre 1960, la Délégation extérieure de l’UGTA. Il est alors affecté au secrétariat. En 1961, Mohamed Chenaf est nommé délégué général de l’UGTA au Maroc chargé d’ouvrir des antennes de l’UGTA dans les principales villes ; il travaille au contact de Mahjoub Ben Seddik, secrétaire général de l’UMT. Sur place au Maroc, il anime une commission d’étude pour la réforme agraire en Algérie ; il fait en décembre 1961, une mission à Miami à l’occasion du congrès du syndicat américain AFL-CIO.

Après l’indépendance, Mohamed Chenaf fait partie de la première importante délégation algérienne à Moscou conduite par Hadj Ben Alla, président de l’Assemblée nationale. En 1963, il se lance dans les affaires et devient directeur d’une entreprise privée à Alger. En mai 1964, il entre au ministère des Affaires étrangères et entame une carrière diplomatique entre administration centrale à Alger et postes auprès d’ambassades, non sans accomplir des missions pour l’UGTA. En 1968, il participe à l’élaboration des accords qui réglementent l’établissement et la circulation des Algériens en France. De 1971 à 1975, Mohamed Chenaf est consul à Marseille. Après des postes de direction au ministère à Alger, en 1984, consul à Nanterre, il rejoint et assiste Adbelhamid Mehri alors à l’ambassade d’Algérie à Paris, avant de prendre sa retraite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153303, notice CHENAF Mohamed [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamrouche, version mise en ligne le 12 février 2014, dernière modification le 12 février 2014.

Par Amar Benamrouche

SOURCES : M. Farès, Aïssat Idir. Op.cit.  Notes d’entretiens avec M.Chenaf réalisés en 1996-1997 par M-C.Cranney, Institut Maghreb-Europe, Paris 8. – Témoignage de M.Chenaf daté du 20-10-1987 cité dans B.Bourouiba, Les syndicalistes algériens. Op.cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément